Le groupe industriel Dinson a annoncé, le 10 mai 2026, la construction d’une cimenterie de 15 millions de dollars à Manhize, dans la province zimbabwéenne de Midlands. Le projet, qui doit entrer en service à la mi-2027, s’inscrit dans la stratégie d’industrialisation du groupe au Zimbabwe, sur fond de demande soutenue en ciment et de dépendance persistante du pays aux importations.
Selon Wilfred Motsi, directeur des projets du groupe, l’usine représentera un investissement de 15 millions de dollars et affichera une capacité annuelle de production de plus de 300 000 tonnes de ciment. Sa mise en service est attendue à la mi-2027. Le projet devrait également permettre la création d’environ 150 emplois directs.
Une intégration au portefeuille sidérurgique du groupe
Cette nouvelle unité vient s’ajouter aux actifs déjà exploités par Dinson au Zimbabwe. Contrôlé par le groupe chinois Tsingshan Holding, l’industriel indique avoir engagé près de 2 milliards de dollars d’investissements dans le pays. Il exploite notamment Dinson Iron and Steel Company à Manhize, Afrochine Smelting à Chegutu et Dinson Colliery à Hwange.
L’aciérie de Manhize constitue à ce jour le principal projet du groupe dans le pays, avec un investissement estimé à 1,5 milliard de dollars. Actuellement, le site produit environ 600 000 tonnes d’acier dans le cadre de sa première phase d’exploitation. La capacité doit atteindre 1,2 million de tonnes lors de la deuxième phase, puis 3,2 millions de tonnes à la phase III, avant un objectif de 5 millions de tonnes par an à pleine capacité.
Le projet de cimenterie s’inscrit dans une logique d’intégration industrielle. Dinson prévoit notamment de valoriser certains sous-produits issus de ses activités sidérurgiques pour alimenter la production de ciment.
Un marché sous tension et encore dépendant des importations
Au-delà de l’intégration industrielle, le projet intervient dans un contexte de tension sur le marché zimbabwéen du ciment. La demande est soutenue par la progression des projets d’infrastructures, l’expansion des activités minières et la hausse des constructions immobilières privées.
Face à cette dynamique, l’offre locale reste insuffisante. Les capacités assurées par PPC Zimbabwe, Khaya Cement, Sino Zimbabwe Cement Company et Mortal Investments ne couvrent pas l’ensemble des besoins, estimés à environ 1,8 million de tonnes par an. Le Zimbabwe importe ainsi entre 35 000 et 45 000 tonnes de ciment par mois pour combler le déficit.
Dans ce contexte, les autorités comptent sur l’arrivée de nouveaux investisseurs, parmi lesquels Dinson, Shuntai Investments, West International Holdings, ZH Energy, JainQiang Cement et Huaxin Cement, pour accroître l’offre domestique, réduire la pression sur les approvisionnements et accompagner l’industrialisation du pays.
L’annonce de cette cimenterie ne modifie pas, à elle seule, l’équilibre du marché. Elle confirme toutefois la montée en puissance de Manhize comme pôle industriel et le positionnement de Dinson dans les matériaux de construction, en complément de ses activités dans la sidérurgie et l’extraction.

