Au cœur des échanges commerciaux du pays, le port d’Abidjan fait l’objet d’investissements visant à accroître ses capacités et améliorer sa compétitivité. Une modernisation qui s’inscrit dans un contexte de croissance des flux et de concurrence accrue entre plateformes portuaires en Afrique de l’Ouest.
Le port d’Abidjan occupe une place centrale dans l’économie ivoirienne. Il constitue le principal point de transit des importations et des exportations du pays, tout en assurant une fonction régionale en desservant des États enclavés comme le Mali, le Burkina Faso ou le Niger. Cette position lui confère un rôle structurant dans les échanges ouest-africains. Elle s’accompagne toutefois d’une contrainte croissante : absorber des volumes de marchandises en hausse dans un environnement où les exigences de rapidité et de fluidité se renforcent.
Cette dynamique se reflète dans l’évolution récente de son activité. En 2025, le port d’Abidjan a traité environ 46,6 millions de tonnes de marchandises, en hausse de plus de 16 % sur un an. Dans ce contexte, la modernisation du port apparaît comme un levier essentiel pour accompagner la croissance des flux commerciaux.
Des capacités en expansion pour répondre à la hausse du trafic.
Pour faire face à cette évolution, plusieurs investissements structurants ont été engagés. Le plus significatif concerne la mise en service du deuxième terminal à conteneurs, conçu pour augmenter les capacités de traitement du port.
Ce terminal affiche une capacité de 1,5 million d’EVP (équivalents vingt pieds) par an, selon le Port autonome d’Abidjan. À lui seul, il marque un changement d’échelle pour les opérations portuaires, avec pour objectif d’améliorer la fluidité du trafic et de réduire les délais de traitement. En parallèle, le renforcement des équipements de manutention participe à cette montée en puissance. L’acquisition de nouveaux portiques vise ainsi à améliorer la productivité des opérations.
Une compétitivité à consolider dans un environnement régional concurrentiel
Au-delà de l’augmentation des capacités, ces investissements traduisent une stratégie plus large. L’enjeu est de maintenir la compétitivité du port d’Abidjan dans un environnement où plusieurs plateformes portuaires de la région ont également renforcé leurs infrastructures ces dernières années. C’est notamment le cas du port de Tema au Ghana qui, en 2025, a inauguré les phases 1 et 2 de son extension, portant sa capacité annuelle à environ 3 millions d’EVP. Parallèlement, le port de Lomé au Togo poursuit sa montée en puissance sur le segment du transbordement et s’impose désormais parmi les principaux hubs logistiques du Golfe de Guinée.
Dans ce contexte, la performance logistique devient déterminante. La capacité à traiter rapidement les marchandises, à limiter les délais d’attente et à offrir des services fiables constitue un facteur clé pour attirer et conserver les flux commerciaux.
Une dynamique qui attire des acteurs internationaux
La modernisation du port d’Abidjan s’inscrit dans une trajectoire résolument progressive. En effet, les projets qui y sont engagés illustrent une adaptation permanente aux besoins croissants du commerce, dans un environnement régional concurrentiel.
Une montée en puissance qui suscite également l’intérêt d’acteurs majeurs du transport maritime. Lors de sa venue à Abidjan le 23 avril dernier, le PDG du groupe CMA CGM, Rodolphe Saadé, a rappelé son ambition d’investir dans les infrastructures portuaires de la ville, tout en restant ouvert “à toutes sortes de développements en Côte d’Ivoire”. Cette perspective témoigne de l’attractivité croissante du port, dans un contexte où les grandes compagnies cherchent à sécuriser leurs points d’ancrage logistiques sur le continent.
Il n’en demeure pas moins que la poursuite de cette dynamique dépendra de la capacité du pays à maintenir un niveau de performance élevé et à accompagner l’évolution des flux sur le long terme. Entre investissements, concurrence et exigences opérationnelles, le port d’Abidjan se doit de conforter un peu plus sa position d’acteur clé des échanges en Afrique de l’Ouest.

