La Sucrerie d’Afrique de Côte d’Ivoire (SUCAF-CI), filiale sucrière du groupe Somdia, branche agro-industrielle du géant Castel, a procédé, le 7 mai 2026, à la mise en exploitation d’une distillerie industrielle de pointe à Ferkessédougou, dans le nord de la Côte d’Ivoire.
Logé dans le complexe sucrier de Ferké 2, le projet, fondé sur une démarche d’économie circulaire, vise à transformer localement les co-produits issus de la canne à sucre, notamment la mélasse, en alcool extra-neutre affichant un taux de pureté supérieur ou égal à 96 %. Destinée aux industries alimentaire, cosmétique et pharmaceutique, cette nouvelle unité renforce la chaîne de valeur nationale en substituant une production locale aux importations massives.
L’investissement global consenti pour cette infrastructure s’élève à 30 millions de dollars et permet d’atteindre une capacité de production annuelle de 12 millions de litres d’alcool alimentaire. Cette performance industrielle couvre à elle seule près de 50 % des besoins du marché national, réduisant ainsi de moitié la dépendance du pays vis-à-vis des marchés extérieurs. En complément, l’usine génère 650 000 litres d’alcool technique pour les besoins des industries manufacturières, positionnant SUCAF-CI comme un acteur de référence en Afrique de l’Ouest.
« Au-delà de la production, le site intègre une dimension écologique majeure à travers le traitement des résidus industriels. La mise en place d’un bassin de lagunage de 8 000 mètres cubes assure le traitement biologique de la vinasse, laquelle est ensuite valorisée comme fertilisant organique riche en potassium pour les plantations », a déclaré le ministre de l’Agriculture, du Développement durable et des produits vivriers. Celui-ci a salué, aux côtés du ministre du Plan et du Développement, Souleymane Diarrassouba, cette approche agro-industrielle qui illustre la volonté de l’entreprise de transformer chaque co-produit en une nouvelle ressource, en appliquant le principe selon lequel rien ne se perd, tout se transforme.
Création d’un tissu économique résilient et transfert de compétences techniques
La transition énergétique constitue un pilier central de ce complexe grâce à l’installation d’un champ solaire de 4 mégawatts s’étendant sur 4 hectares. Réalisée pour un coût de 3,33 millions de dollars, cette centrale photovoltaïque fournit déjà 13 % des besoins énergétiques de l’entreprise, tout en évitant l’émission de plus de 1 246 tonnes de CO₂ depuis son lancement.
« La distillerie n’est pas seulement un outil industriel, c’est un projet de société. En donnant la priorité aux jeunes, nous construisons un tissu économique résilient, ancré dans les communautés locales et orienté vers l’avenir », a souligné Anthony Ahiaba, directeur général de SUCAF-CI.
Pour le groupe Castel, cet investissement favorise également des synergies directes avec ses activités dans le secteur des boissons, tout en sécurisant l’intégration de ses approvisionnements.
Ce projet se présente comme un moteur social essentiel pour le développement des communautés locales et l’insertion des jeunes Ivoiriens. Selon la direction générale de SUCAF-CI, la distillerie a été conçue comme un projet de société visant à bâtir un tissu économique résilient à travers la création d’emplois durables et le transfert de compétences techniques. En combinant innovation technologique et engagement communautaire, l’entreprise s’inscrit dans la dynamique de croissance du pays, tout en offrant aux industries locales un cadre d’approvisionnement sécurisé et transparent.

