Confrontée à une forte hausse des coûts énergétiques sur les marchés internationaux, la Namibie a décidé de renforcer son soutien au secteur pétrolier afin de limiter l’impact de la flambée des prix des carburants sur l’économie nationale. Le ministre de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, Modestus Amutse, a annoncé, le 11 mai 2026, que le National Energy Fund (NEF) mobilisera environ 79 millions USD pour couvrir une partie des coûts liés à l’approvisionnement en produits pétroliers durant les mois d’avril et de mai 2026. Cette intervention publique vise à protéger les consommateurs, à préserver la compétitivité des entreprises et à garantir la stabilité de l’approvisionnement énergétique dans un contexte mondial particulièrement volatil.
Cette mesure intervient alors que les perspectives économiques du pays demeurent sous pression. La croissance économique namibienne est désormais projetée à 2,6 % en 2026 et à 2,9 % en 2027, dans un environnement marqué par la hausse des prix du pétrole, l’augmentation des coûts logistiques et les tensions persistantes sur les chaînes d’approvisionnement mondiales. Selon les autorités, le soutien financier du NEF permettra d’amortir les effets des chocs internationaux et d’éviter une répercussion brutale de la hausse des prix sur les ménages ainsi que sur les secteurs industriels fortement dépendants des carburants.
Le ministre Modestus Amutse a précisé que « le gouvernement prévoit 79 millions USD via le Fonds national de l’énergie pour payer les fournisseurs de produits pétroliers d’avril et de mai 2026, afin d’atténuer l’impact des chocs sur les prix internationaux et de garantir la continuité de l’approvisionnement en pétrole en Namibie ». Les autorités considèrent cette intervention comme essentielle pour maintenir la stabilité économique et éviter des perturbations majeures dans les activités de transport, de production industrielle et de distribution.
Malgré ce soutien public, les prix à la pompe ont été réajustés depuis le 8 mai 2026 afin de réduire les sous-recouvrements accumulés sur le marché domestique. Les autorités évoquent des écarts atteignant jusqu’à 2,81 dollars namibiens pour l’essence, ainsi que 9,74 et 9,68 dollars namibiens pour les deux catégories de diesel. Le ministère a toutefois tenu à rassurer la population et les opérateurs économiques, affirmant que les réserves nationales de carburant restent suffisantes et qu’aucune pénurie n’est envisagée à court terme.
Le gouvernement souligne également que la hausse actuelle des prix des carburants est essentiellement liée à des facteurs externes. Les calculs du prix de base pour avril et mai 2026 intègrent notamment des primes exceptionnelles d’approvisionnement imposées par les fournisseurs internationaux. À cela s’ajoutent la hausse des prix du pétrole brut, l’augmentation des coûts du fret maritime et des assurances, les tensions géopolitiques internationales ainsi que les fluctuations du taux de change. Selon les autorités, ces différents éléments ont généré un surcoût global estimé à 18,3 millions USD sur la période concernée.
Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, notamment autour des relations entre l’Iran, Israël et les États-Unis, figurent parmi les principaux facteurs à l’origine de cette flambée des cours mondiaux du pétrole. La dépréciation du dollar namibien (NAD) face au dollar américain, ainsi que l’augmentation des primes d’approvisionnement, ont également accentué les pressions sur les coûts d’importation des produits pétroliers. Dans ce contexte, l’intervention du gouvernement namibien apparaît comme une mesure de stabilisation destinée à préserver l’équilibre du marché énergétique tout en limitant les répercussions économiques et sociales de cette crise internationale des carburants.

