La Mauritanie a franchi un cap stratégique dans sa politique énergétique en officialisant, le 28 avril 2026 à Nouakchott, le lancement du projet d’interconnexion électrique avec le Mali. La signature des contrats d’exécution marque l’entrée en phase opérationnelle de cette infrastructure régionale majeure. D’un coût global de 135 millions de dollars, le projet est financé par la Banque africaine de développement, le fonds d’investissement climatique et le Fonds de l’OPEP pour le développement international, dans le cadre de l’initiative Desert to Power, visant à accélérer l’accès à l’énergie en Afrique.
Au cœur du dispositif : la construction d’une ligne haute tension de 225 kV reliant les localités de Kiffa, Tintane et Aioun, accompagnée de postes de transformation modernes. À terme, près de 150 localités seront électrifiées, avec des impacts attendus sur les ménages, les services sociaux de base et le tissu économique local. Ce projet structurant s’inscrit dans une vision plus large d’intégration énergétique en Afrique de l’Ouest. Il doit permettre de renforcer l’accès à une électricité fiable, durable et abordable, tout en stimulant le développement des zones rurales, notamment à travers des activités génératrices de revenus et l’amélioration de l’accès à l’eau via des solutions énergétiques.
Au-delà de son volet technique, l’interconnexion Mauritanie–Mali constitue un levier de coopération régionale. Elle préfigure notamment la future « ligne de l’espoir » reliant Nouakchott à Néma, consolidant ainsi les bases d’un marché électrique régional intégré. Les autorités mauritaniennes et les partenaires techniques et financiers ont salué une avancée majeure, soulignant qu’il ne s’agit pas seulement d’un projet d’infrastructure, mais d’un instrument de transformation économique et sociale à l’échelle régionale.

