Une récolte nationale de 90 millions de quintaux et une croissance du PIB agricole d’environ 15 % : telles sont les perspectives annoncées par le ministre de l’Agriculture, Ahmed El Bouari, pour la campagne 2025-2026, à l’occasion de la 18ᵉ édition du Salon International de l’Agriculture au Maroc (SIAM), tenue le 20 avril 2026 à Meknès. Après plusieurs cycles de sécheresse, le retour des précipitations entre janvier et mars 2026 a favorisé l’emblavement de 3,9 millions d’hectares de céréales, marquant ainsi un net redressement du secteur.
L’amélioration de la situation hydrique constitue le socle de cette relance, avec des réserves de barrages atteignant 13 milliards de mètres cubes, soit un taux de remplissage de 75,7 %. Ce volume d’eau sécurise non seulement les cultures de printemps et d’été, mais autorise également la reprise de l’agriculture irriguée sur l’ensemble du territoire. Parallèlement aux céréales, les filières arboricoles — notamment l’olivier, les agrumes et les dattes — enregistrent des performances en nette progression par rapport aux années de stress hydrique.
À en croire le récent bilan agricole du pays, le secteur de l’élevage demeure un pilier stratégique, contribuant à hauteur de 35 % du PIB agricole et mobilisant 1,2 million d’éleveurs. Le cheptel marocain, estimé à 33 millions de têtes, assure une production de 530 000 tonnes de viandes rouges et de 2 milliards de litres de lait. Cette filière représente un levier majeur pour la stabilité des revenus en milieu rural et génère annuellement 135 millions de journées de travail, consolidant ainsi son rôle moteur dans l’économie sociale du pays.
La filière avicole marocaine, selon les experts, confirme quant à elle son autonomie avec une production de 784 000 tonnes de viandes blanches et de 6,5 milliards d’œufs, couvrant l’intégralité des besoins du marché national. Cette performance globale de la production animale et végétale renforce la sécurité alimentaire du Royaume dans un contexte de stabilisation climatique. Les infrastructures de stockage et les programmes d’irrigation prévus pour la prochaine campagne visent désormais à pérenniser ces acquis et à soutenir la résilience du secteur face aux aléas futurs.

