Le Sénégal accélère sa mutation économique en plaçant le secteur privé au cœur de sa stratégie de transformation structurelle. Réunis ce lundi 13 avril 2026 lors d’un atelier de partage avec le Collectif des journalistes économiques du Sénégal (COJES), les responsables du ministère de l’Économie, du Plan et de la Coopération ont détaillé les ambitions de la Stratégie nationale de développement du secteur privé et de promotion de l’investissement (SNDSPI 2025-2029), conçue comme un instrument clé de l’Agenda national de transformation.
Une stratégie pour rééquilibrer la création de richesse
Pensée pour renforcer la compétitivité des territoires et attirer les investissements, la SNDSPI vise à faire émerger un tissu entrepreneurial productif et durable, capable de générer croissance et emplois dans l’ensemble des régions. Le diagnostic posé est clair : la richesse reste fortement concentrée, la région de Dakar représentant à elle seule 46 % du PIB national et près de 40 % des entreprises recensées. Pourtant, des zones comme Kédougou, Kolda ou Sédhiou disposent d’un potentiel entrepreneurial encore insuffisamment exploité.
Pour corriger ces déséquilibres, la stratégie introduit le concept d’« identités remarquables » : des entreprises ancrées dans leurs territoires et capables de structurer des filières complètes, notamment dans l’agriculture, la pêche ou l’agro-industrie.
Transformer localement pour créer plus de valeur
« Nous avons un modèle économique dynamique, mais qui crée peu de valeur. L’enjeu est de transformer localement nos ressources », a souligné Jouldée Soumaré, directrice du développement du secteur privé au ministère de l’Économie, du Plan et de la Coopération. Elle insiste sur la nécessité d’accompagner les acteurs économiques vers la transformation industrielle : « Structurer les filières est indispensable pour monter en échelle, accéder à des marchés et capter des financements. »
Au-delà de la transformation productive, la SNDSPI mise sur des réformes structurelles pour améliorer l’environnement des affaires. La révision du cadre fiscal et le renforcement du dialogue public-privé figurent parmi les priorités.
Selon le secrétaire général du ministère de l’Économie, du Plan et de la Coopération, Mouhamadou Bamba Diop, « cette stratégie va au-delà d’une simple déclaration d’intention ; elle incarne une volonté politique claire de lever systématiquement les contraintes qui entravent le plein essor du secteur privé ». Il souligne que son élaboration repose sur une démarche « rigoureuse, méthodique et inclusive », impliquant l’ensemble des parties prenantes.
PME, investissement et climat des affaires : les chantiers prioritaires
L’accompagnement des PME constitue un autre pilier majeur. Le taux d’échec élevé des jeunes entreprises et la faible connaissance des mécanismes d’appui illustrent la nécessité de renforcer l’accès à l’information, au financement et à la formation. Des dispositifs territoriaux, notamment les Maisons de l’entreprise et les centres de services partagés, doivent permettre d’offrir un parcours complet aux entrepreneurs.
Pour Dialigué Faye, président du COJES, l’appropriation de la stratégie par les acteurs économiques et médiatiques est essentielle : « Le secteur privé crée la richesse. Il doit être accompagné par des mécanismes capables d’améliorer durablement l’environnement des affaires. »
À travers la SNDSPI, le Sénégal envoie un signal clair aux investisseurs et partenaires internationaux : celui d’une économie engagée dans une transformation structurelle ambitieuse, fondée sur la valorisation locale des ressources, la compétitivité territoriale et la consolidation d’un secteur privé capable de soutenir une croissance inclusive et durable.

