Kigali, le 18 mai 2025 – La 13e édition de l’Africa CEO Forum, organisée par Jeune Afrique Media Group et coorganisée avec l’IFC, membre du Groupe de la Banque mondiale, s’est achevée ce vendredi à Kigali, au Rwanda, au terme de deux jours d’échanges de haut niveau réunissant plus de 2 800 dirigeants publics et privés venus de plus de 77 pays. L’enjeu est clair : permettre au continent de passer d’une addition de marchés encore trop dispersés à une véritable puissance économique intégrée, capable de faire émerger des entreprises de taille mondiale, de mobiliser ses propres capitaux et de peser davantage dans les nouvelles chaînes de valeur internationales.
Placée sous le thème « Scale or fail : pourquoi le capitalisme africain doit unir ses forces », cette édition a mis au cœur des débats l’impératif de la taille critique et le concept de propriété partagée (shared ownership) comme condition essentielle de la compétitivité économique du continent. Dans un monde marqué par la fragmentation des échanges, la recomposition des flux de capitaux, l’a\irmation de nouveaux blocs économiques et la remise en question du multilatéralisme, les participants ont réa\irmé une conviction centrale : l’Afrique doit dépasser la dispersion de ses marchés, de ses capitaux et de ses cadres réglementaires pour bâtir des champions continentaux capables de peser dans les chaînes de valeur mondiales.
Cette édition 2026 a une nouvelle fois confirmé le rôle central de l’Africa CEO Forum, qui s’impose désormais comme une plate-forme d’accélération et de mobilisation d’investissements à fort impact. Au cours du Forum, près de 2 milliards de dollars d’accords, partenariats et protocoles d’entente ont été signés par plusieurs acteurs majeurs, notamment le Rwanda Development Board (RDB), Equity Bank, VISA, Spiro, Elsewidy, UNICEF, APIEX (Bénin), BNETD, Access Bank, BOAD, Shelter Africa Development Bank, Baobab, NMB Bank et Zaria Group.
L’IFC a joué un rôle prépondérant lors des annonces faites à Kigali, s’engageant pour plus d’un milliard de dollars d’investissements à travers des opérations et partenariats avec Equity Bank, Access Bank, Shelter Africa Development Bank, Baobab, NMB Bank, BOAD et Zaria Group; ces engagements couvrent un large éventail de secteurs, infrastructures, énergie, finance, agriculture, industrie et numérique, et visent à accélérer les investissements productifs, faciliter les projets transfrontaliers, renforcer l’intégration des marchés et mobiliser les capitaux africains au service de la croissance continentale.
« Ce Forum confirme que le moment de l’Afrique est arrivé. La confiance dans la capacité du continent à diriger, innover et produire des résultats progresse rapidement. Les talents sont là. Les capitaux existent. L’ambition est incontestable, a déclaré Makhtar Diop, Directeur général de l’IFC, co-hôte de l’Africa CEO Forum. Ce qui définira cette décennie, c’est notre capacité à exécuter à grande échelle : transformer l’énergie en industries, les industries en emplois, et les investissements en améliorations concrètes dans la vie des populations. Des infrastructures à l’agrobusiness, en passant par la santé, le logement, le sport et les industries créatives, la voie à suivre est claire : développer des projets finançables, mobiliser les capitaux et obtenir des résultats. À l’IFC, nous sommes prêts à travailler avec nos partenaires pour structurer des opérations, catalyser les investissements et contribuer à transformer le potentiel de l’Afrique en une croissance durable à l’échelle du continent. »
Pendant deux jours, chefs d’État, ministres, dirigeants d’entreprises, investisseurs, institutions financières, fonds souverains, banques, groupes industriels et entrepreneurs ont débattu des voies permettant de transformer une mosaïque de marchés nationaux en une véritable puissance économique intégrée. Les échanges ont notamment porté sur trois leviers structurants : les investissements partagés (Shared Equity), pour accélérer les prises de participation transfrontalières et mobiliser davantage les capitaux institutionnels africains ; les infrastructures partagées (Shared Infrastructure), pour connecter les marchés et intégrer les chaînes de valeur régionales ; et les cadres réglementaires partagés (Shared Frameworks), indispensables à la circulation des capitaux, des biens, des services et des talents à l’échelle continentale.
Amir Ben Yahmed, PDG de Jeune Afrique Media Group et Président de l’Africa CEO Forum a déclaré : « Le véritable enjeu pour l’Afrique n’est plus seulement de faire émerger des champions nationaux, mais de bâtir des acteurs continentaux et une puissance économique capable de peser dans un monde dominé par les logiques de taille et d’influence. Ce Forum a montré qu’en mutualisant davantage nos capitaux, nos infrastructures et nos intérêts, l’Afrique peut créer l’e\et d’échelle nécessaire pour transformer son potentiel en levier de puissance. »
En clôturant ses travaux à Kigali, l’Africa CEO Forum 2026 a tracé une feuille de route claire : pour changer d’échelle, le capitalisme africain devra davantage mutualiser ses capitaux, ses infrastructures, ses ambitions et ses règles du jeu. Une condition indispensable pour faire émerger des champions régionaux et mondiaux, accélérer la transformation productive du continent et renforcer la place de l’Afrique dans l’économie mondiale.
Moment fort de cette édition, l’Africa CEO Forum 2026 a accueilli la remise de la première édition de l’Africa NextGen Economist Prize, créé par Jeune Afrique et The Africa Report, en partenariat avec la Banque africaine de développement. Décerné à Kigali, le prix a été attribué à Abdoulaye Ndiaye, économiste sénégalais de 37 ans, professeur assistant à la Stern School of Business de New York University et a\ilié au Finance for Development Lab. Sélectionné parmi plus de 70 candidats issus de 14 pays africains, il a été distingué pour ses recherches à la croisée des finances publiques, de l’économie du développement et de l’économie politique, notamment sur la mobilisation des ressources domestiques, la fiscalité et la dette souveraine.

