Selon les données du ministère rwandais du Commerce et de l’Industrie, le volume des importations de sucre (sucre brut destiné au raffinage industriel, intrants pour les industries des boissons et de l’agroalimentaire, sucre raffiné pour la consommation des ménages) est passé de 308.000 tonnes en 2024 à 195.610 tonnes en 2025. Ce qui représente une chute de 36,5% en glissement annuel après une forte hausse de 24% enregistrée en 2024 par rapport à 2023. Les mêmes sources révèlent qu’en conséquence, la valeur financière de ces importations a reculé de 39,1%. Elle est ainsi passée de 348 milliards de francs rwandais (environ 238 millions USD) en 2024 à 212 milliards de francs rwandais de dollars (environ 145 millions USD) en 2025. A l’analyse, cette tendance baissière des importations de sucre au Rwanda traduit à la fois un changement des habitudes de consommation et une amélioration de l’offre nationale.
S’exprimant dans les colonnes du journal The New Times, le ministre du Commerce et de l’Industrie, Prudence Sebahizi, justifie cette baisse par plusieurs facteurs. Notamment « la diminution des importations s’explique par une baisse de la consommation locale de sucre raffiné, conjuguée à une augmentation de la production nationale ». Par ailleurs, souligne-t-il, « les réexportations, notamment de sucre brut destiné à être transformé dans la région, ont diminué en 2025 par rapport à 2024, contribuant ainsi à la baisse globale des volumes importés ».
Des experts indiquent que « cette tendance reflète davantage des ajustements du marché que l’effet de nouvelles politiques publiques ». Ce qui, selon eux, « met en évidence l’évolution des préférences des consommateurs et des dynamiques d’approvisionnement ».
Pour rappel, le gouvernement rwandais entend allouer 8.000 hectares à la culture de la canne à sucre. Ces allocations seront soutenues par la mobilisation de 50 millions USD d’investissements privés. Pour le gouvernement rwandais, ces mesures visent à accroître les capacités de transformation, à renforcer l’industrie sucrière nationale et à réduire la dépendance du pays aux importations.

