Les enjeux de la Conférence d’Addis Abeba sur le financement du développement

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Par Adama Wade, envoyé spécial 

Vers l’adoption des Objectifs de Développement Durable
Environ 30 chefs d’État et de gouvernement assistent à Addis Abeba à la troisième Conférence sur le financement du développement, qui se déroule du 13 au 16 juillet 2015.
C’est le premier des trois grands événements mondiaux qui auront lieu cette année, suivi par le sommet de septembre à New York pour l’adoption d’un nouvel ensemble d’objectifs de développement durable (ODD) et de la conférence sur le climat à Paris en décembre pour parvenir à un accord universel sur le changement climatique.

A Addis Abeba, 110 ministres des Finances, des Affaires étrangères et de la coopération au développement auxquels s’ajouteront près de 1000 représentants de la société civile et du secteur privé assistent aux débats. En tout, 6000 délégués ont été accrédités, ce qui témoigne de l’interêt d’une telle rencontre dans l’agenda politique, économique et diplomatique mondial.

Le pacte d’Addis Abeba doit d’abord surmonter les clivages
La conférence devra déboucher sur un accord encore incertain incluant un pacte visant à garantir une protection sociale et des services publics de base pour tous, y compris l’accès à la santé, l’éducation, l’énergie, l’eau et l’assainissement.

En outre, il est aussi question d’un ensemble de propositions pour les pays les moins avancés, y compris des mesures pour augmenter l’aide au développement et accroître les investissements directs étrangers, ainsi qu’un engagement à établir une nouvelle banque de licences de technologie pour les PMA (pays les moins avancés) d’ici 2017.
Autant d’objectifs qui devront d’abord surmonter les clivages pays développés/pays en développement et les intérêts conflictuels entre les pays industrialisés et les pays émergents.

«Le Programme d’action d’Addis-Abeba fournit un cadre général de financement pour le développement durable. Je sais qu’il y a des divergences d’opinion sur son niveau d’ambition. Les enjeux et les attentes sont très élevés. Les négociations ont été très difficiles» a noté M. Ban Ki-Moon dans un discours lu à la la veille de l’ouverture de la Conférence.

Le chef de l’ONU a toutefois estimé que l’accord “contient plusieurs engagements concrets qui n’auraient pas été là” sans l’engagement et l’implication de la société civile.

Selon lui, le véritable test résidera dans la mise en oeuvre de l’accord d’Addis-Abeba, alors que les besoins en financement du programme de développement pour l’après-2015 sont énormes.

Le Secrétaire général a estimé que la société civile avait un rôle à jouer dans quatre domaines : la mobilisation des ressources au niveau national; la nécessité pour les pays bailleurs de fonds de remplir leurs engagements en matière d’aide publique au développement; l’importance de la quantité mais aussi de la qualité de l’investissement privé; l’importance pour la communauté internationale d’aller au-delà des divers flux financiers et d’inclure le commerce, la dette, et les problèmes systémiques.

“L’année 2015 doit être l’année d’une action mondiale. Cette action mondiale est pour nos populations et notre planète Terre. Les années suivantes seront celles de la mise en oeuvre”, a dit M. Ban.
La conférence doit aboutir à la création d’un cadre de financement global pour la mise en œuvre du nouveau programme de développement durable qui doit être adopté à New York en septembre, a déclaré le Secrétaire général adjoint des Nations Unies pour les affaires économiques et sociales, Wu Hongbo.

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