À la veille du sommet Africa Forward Summit, organisé à Nairobi sous le haut patronage de William Ruto et Emmanuel Macron, Arnaud Floris esquisse les contours d’un nouveau logiciel économique franco-africain fondé sur le co-investissement, la co-industrialisation et les « connexions utiles ».
Dans un entretien à paraître dans le mensuel Financial Afrik du 15 mai 2026, l’ancien cadre de la Banque africaine de développement explique la philosophie du Forum « Inspire & Connect », organisé par Bpifrance, Business France et Proparco à l’Université de Nairobi. Inspiré du modèle « BIG » en France, l’événement réunit plus de 2 500 dirigeants africains et français autour des enjeux d’agritech, d’énergie, de digitalisation et d’industrialisation.
Face à une présence chinoise dominante dans les infrastructures africaines, Bpifrance revendique une autre approche : accompagner les PME, financer les chaînes de valeur locales et favoriser des partenariats durables plutôt qu’une logique purement contractuelle. « Pas besoin d’un nouveau narratif, mais de plus de production, de commerce et de connexions utiles », résume Arnaud Floris.
Depuis 2017, plus de 2 milliards d’euros auraient été mobilisés par Bpifrance en Afrique, hors Sahel, dans des secteurs allant du solaire à l’agroalimentaire en passant par le transport et la digitalisation. Pour Arnaud Floris, la montée en puissance des groupes financiers africains et l’émergence de la Nouvelle Architecture Financière Africaine (NAFA) ouvrent désormais la voie à une nouvelle génération de co-investissements entre capitaux africains et partenaires internationaux.
À Nairobi, la France cherche ainsi moins à reconquérir un pré carré qu’à redéfinir sa présence économique sur un continent devenu plus compétitif, plus souverain et résolument tourné vers l’investissement productif.

