La Communauté urbaine de Douala (CUD) a lancé un dossier d’appel d’offres international pour sélectionner un opérateur chargé du traitement final des ordures collectées dans la ville. Le marché, estimé à 18,5 milliards de FCFA (environ 33 millions USD), financé conjointement par la CUD et l’État du Cameroun, s’étendra sur les exercices budgétaires 2026 et suivants.
Pour les investisseurs, ce projet ouvre un champ d’opportunités à forte valeur ajoutée, au croisement des infrastructures urbaines, de l’économie circulaire et des services environnementaux. Le futur adjudicataire devra assurer « le traitement des déchets collectés par les entreprises sous contrat avec la CUD, notamment Hygiène et Salubrité du Cameroun (Hysacam), à la décharge de Nyalla PK 10 et au centre d’enfouissement technique (CET) de Ngombè ». Le périmètre inclut également les déchets issus des communes d’arrondissement, de la régie municipale et d’opérateurs privés.
Dans une métropole qui génère entre 2.500 et 3.000 tonnes de déchets par jour, dont près de 70% d’ordures ménagères, le besoin en solutions industrielles de traitement est considérable. Ce marché crée un espace propice à l’investissement dans des technologies de tri, de valorisation énergétique, de compostage ou encore de recyclage, encore peu développées au Cameroun. Pour les groupes spécialisés, les fonds d’infrastructures ou les investisseurs à impact, il s’agit d’un contrat de taille critique. Il offre visibilité des flux, stabilité des volumes et potentiel de montée en gamme progressive.
Au-delà des retombées financières, les impacts attendus sur le vécu des populations sont majeurs. En effet, un traitement efficace des déchets permettra de réduire la saturation des sites de stockage, d’améliorer la salubrité urbaine et de limiter les risques sanitaires liés à l’insalubrité chronique. Ensuite, l’on s’attend à ce qu’une meilleure gestion des déchets contribuera aussi à la réduction des inondations, fréquentes à Douala, souvent aggravées par l’obstruction des caniveaux par les ordures.
Ce projet s’inscrit enfin dans une dynamique plus large de modernisation des services urbains et de transition environnementale. En structurant le dernier maillon de la chaîne, longtemps négligé, Douala rappelle aux investisseurs que le traitement des déchets n’est plus seulement une contrainte budgétaire, mais un levier de croissance durable, de création d’emplois et d’amélioration du cadre de vie urbain.

