La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) poursuit le déploiement opérationnel de sa nouvelle infrastructure de paiements instantanés, baptisée PI-SPI (Paiement Instantané – Système de Paiement Instantané). Dans une mise à jour publiée depuis le 24 février 2026, l’institution monétaire a rendu publique la liste des établissements autorisés à ouvrir ces services au public dans l’espace UEMOA. Cette liste témoigne d’une montée en puissance progressive du dispositif et de l’adhésion d’un nombre croissant d’acteurs bancaires, de fintechs et d’opérateurs de mobile money au nouveau système régional de paiement en temps réel.
Un dispositif déjà déployé dans l’ensemble de l’Union
Selon les données publiées par la BCEAO, plus de 70 institutions financières sont désormais autorisées à proposer les services PI-SPI dans les huit pays de l’Union. La répartition varie selon la profondeur des marchés financiers nationaux. Le Sénégal apparaît comme le pays comptant le plus grand nombre de participants autorisés, avec 19 institutions, incluant à la fois des banques, des établissements de microfinance et des opérateurs de monnaie électronique. Parmi eux figurent notamment CBAO (groupe Attijariwafa Bank), Société Générale Sénégal, Ecobank, UBA, ainsi que des acteurs de paiement comme Orange Finances Mobiles, Mobile Cash SA (MiXX Sénégal) ou Touchpoint Financial Services.
La Côte d’Ivoire suit avec 15 institutions, confirmant son statut de premier marché bancaire de l’Union, avec la présence de banques telles que BNI, Bridge Bank, SIB ou encore Orange Bank Africa. Le Mali compte pour sa part 11 participants, tandis que le Burkina Faso en totalise 9. Les autres pays affichent des chiffres plus modestes : 6 institutions au Bénin, 6 au Togo, 4 au Niger et 4 en Guinée-Bissau.
Banques, fintechs et mobile money dans un même système
L’un des traits marquants du dispositif PI-SPI est la diversité des acteurs autorisés. Outre les banques traditionnelles (BOA, Coris Bank, Ecobank, Orabank, UBA), la BCEAO a également intégré des opérateurs de mobile money et des institutions de microfinance, tels que :
- Orange Money et Orange Finances Mobiles
- Moov Money
- Baobab
- Cofina
- UM-ACEP et UM-PAMECAS au Sénégal
Cette architecture reflète la volonté de la banque centrale d’intégrer pleinement les innovations issues de la finance digitale dans l’infrastructure régionale de paiement.
Une infrastructure clé pour la transformation financière
Le système PI-SPI constitue l’une des réformes structurantes engagées par la BCEAO pour moderniser les paiements dans l’UEMOA. Son principe repose sur la possibilité d’effectuer des transferts instantanés, interopérables et disponibles 24 heures sur 24, entre comptes bancaires, portefeuilles mobiles et autres solutions de paiement.
Pour les autorités monétaires, plusieurs objectifs sont poursuivis :
- accélérer la circulation de la monnaie dans l’économie ;
- réduire la dépendance aux espèces ;
- renforcer l’inclusion financière ;
- soutenir le développement du commerce numérique.
Dans un espace économique où le mobile money a connu une croissance rapide ces dernières années, l’interconnexion entre les différents acteurs constitue un levier essentiel pour fluidifier les transactions.
Vers une nouvelle génération de services financiers
La publication de cette liste d’établissements autorisés marque une étape supplémentaire dans la mise en production progressive du système. À mesure que de nouveaux acteurs rejoignent l’écosystème, l’infrastructure PI-SPI pourrait favoriser l’émergence de nouveaux services financiers : paiements marchands instantanés, transferts transfrontaliers rapides ou encore solutions fintech intégrées.
Pour l’UEMOA, l’enjeu dépasse la simple modernisation technique. Il s’agit aussi de construire un marché régional des paiements plus intégré, capable de soutenir la digitalisation de l’économie et l’innovation financière. Dans ce contexte, le succès du système dépendra désormais de l’adoption par les utilisateurs et de la capacité des institutions participantes à développer des services accessibles et compétitifs autour de cette nouvelle infrastructure.


