Sénégal : très chère autoroute à péage

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Un péage de 4,5 euros sur une distance de 50 km entre Dakar et Diamniadio contre moins d’1 euro entre Casablanca et l’aéroport Mohammed V.

L’accident qui a coûté la vie à un célèbre artiste sénégalais, le 5 mai,  relance le débat sur le théâtre du drame, à savoir l’autoroute à  péage reliant Dakar à l’Aéroport international Blaise Diagne.

Le manque d’éclairage sur une bonne partie du trajet, cause de la collision du véhicule de l’artiste en question avec une vache,  est pointé du doigt par de nombreux usagers et par la presse.

Pour couper court à la polémique, Gérard Senac, PDG d’Eiffage, la société concessionnaire de l’infrastructure pour 30 ans (le contrat court jusqu’au 30 novembre 2039) monte au créneau et annonce des mesures rapides. Trop tard. 

Car, entre temps,  le président sénégalais, Macky Sall en personne,  a pris les devants, expliquant  à ses concitoyens  avoir donné des instructions fermes pour la révision du contrat de concession hérité, il faut le dire, de son prédécesseur. 

Engageant son gouvernement à se «presser» le pas concernant  «la révision de la concession de l’autoroute et  la nécessité de la révision tarifaire sur l’ensemble du tronçon qui ira bientôt jusqu’à Thiès, Mbour et Touba», le président sénégalais ira-t-il jusqu’à dénoncer le contrat qui accorde à Eifage le droit de percevoir 3000 francs (4 euros 50 centimes) sur 50 km, contre 0,5 euros sur une distance quasi-équivalente reliant Casablanca à l’aéroport Mohammed V?

Déjà il y a quelques semaines,  lors de l’élaboration du Budget, le ministre des Infrastructures, des transports terrestres et du désenclavement , Abdoulaye Daouda Diallo, semblait abonder dans le sens de la révision d’un tarif dénoncé par l’ensemble des associations de consommateurs par son montant : «Nous travaillons à la création d’une société de gestion des autoroutes. Ce que nous souhaitons, c’est travailler à avoir un financement exclusif des autoroutes à partir des privés».

Sur la cherté du péage, Gérard Senac avait promis une étude en février dernier. Des solutions existent, disait-il, tout en précisant  qu’elles devront être avalisées par l’ensemble des parties. «Je suis concessionnaire et l’Etat est concédant, donc c’est ensemble que l’on verra les solutions», invitant implicitement les bailleurs de fonds, à prendre position.

A noter que, selon Eiffage, sur chaque 1000 francs payés sur le péage, 300 vont à l’Etat, 400 au remboursement de l’investissement et 300 au concessionnaire. Une clé de répartition susceptible d’évoluer, cela d’autant que, selon les indiscrétions, le contrat de concession avait été élaboré sur des estimations de trafic largement dépassées.

Au delà de la polémique sur les tarifs, c’est certainement tout le contrat BOT attribué à Eiffage en 2007 par décret qu’il faudrait revoir à la lumière du jour.

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