Au cours d’une rencontre, le 4 juin à Bangui, avec le Premier ministre centrafricain, Félix Moloua, le directeur régional de la Banque mondiale, Franz Drees-Gross, a annoncé un financement de 90 millions USD au profit de la République centrafricaine (RCA). Ce soutien vise à améliorer les infrastructures terrestres et la fourniture d’électricité, « deux obstacles majeurs au développement durable de l’économie nationale ».
Dans un pays sans accès à la mer et fortement dépendant des importations, la qualité des routes conditionne les coûts logistiques et la compétitivité des produits sur le marché intérieur. Une part significative de ce financement sera consacrée à la réhabilitation du corridor reliant Bangui au Port autonome de Douala (PAD) au Cameroun, l’axe principal d’acheminement des biens.
La modernisation des segments routiers intérieurs est également programmée, notamment sur l’axe Bossembélé-Bossangoa. Cette action s’inscrit dans un objectif plus large de réduction des inégalités territoriales et de stimulation des échanges entre les régions.
Du point de vue du commerce extérieur, une desserte plus fiable vers le port camerounais devrait réduire les « pénalités logistiques » qu’imposent les routes dégradées. Ce qui devrait attirer de nouveaux flux d’investissements privés vers des secteurs comme l’agro-processing ou la transformation locale.
Au volet transports s’ajoute un programme énergétique ambitieux pour lutter contre les coupures récurrentes qui paralysent les activités productives et affectent la vie quotidienne des ménages. Dans ce cadre, une partie du financement est dédiée au renforcement de la centrale solaire de Danzi, désormais vecteur d’une production plus stable d’électricité.
La construction d’une nouvelle ligne de transmission vers Bangui fait aussi partie du plan. Cette infrastructure électrique permettra une distribution plus fluide vers les zones urbaines et pourrait soutenir l’essor de petites industries, tout en réduisant la dépendance aux groupes électrogènes coûteux.
Ce projet comprend enfin l’acquisition et la pose de compteurs intelligents pour élargir l’accès au réseau formel et accroître la comptabilisation des consommations.
La RCA, qui figure parmi les économies les plus faibles du continent avec une part de population largement non électrifiée, pourrait voir l’impact de ces investissements se répercuter sur son tissu productif à moyen terme.
Les échéances précises de décaissement restent à définir, en attendant l’approbation finale des instances de la Banque mondiale. Les autorités ont cependant indiqué que des détails supplémentaires seront communiqués dans les prochains jours.

