Durant la dernière décennie, le continent africain regroupait 6 des 10 économies ayant la plus forte croissance économique. Les perspectives pour la région africaine restent positives. Cependant, la plupart des exploitants sont pauvres et peinent à nourrir suffisamment leurs familles et fleurir leurs activités agricoles.

La Banque africaine de développement est ainsi appelée à renforcer les organisations de producteurs agricoles. Pour se faire, cette institution financière doit faire face aux besoins des agriculteurs. Les producteurs agricoles ont fait le diagnostic de leur mal, en marge de la conférence sur l’agriculture et l’agro-alimentaire qui se déroule depuis le mercredi 21 octobre au Centre International de Conférence Abdou Diouf de Dakar (CICAD). Souvent, la contrainte la plus difficile pour les producteurs est le manque d’informations commerciales et l’incapacité de ces derniers à répondre aux normes de qualité standards qui étouffent la production agricole.

Ces agriculteurs ont besoin de savoir où se trouvent les marchés, qui sont leurs concurrents, quelles préférences et normes doivent être respectées. La BAD est aussi invitée non seulement sur le financement de l’agriculture mais également sur «  l’accompagnement des paysans pour la production, la conservation et la vente  », pour reprendre le ministre de l’agriculture du Sénégal, Pape Abdoulaye Seck, qui a animé un panel ce 22 octobre au CICAD. « Au Sénégal, on est à 367.000 tonnes de manioc annuellement mais par défaut de conservation, les produits pourrissent dans les champs. Cela engendre de grosses pertes pour les paysans », s’est désolé M. Seck.

Le manque de logistique, un autre facteur qui freine l’essor de l’agriculture africaine. A titre d’exemple, les agriculteurs sénégalais n’exportent que 15.000 tonnes de mangues par an, alors que ce pays a une capacité de production de 250.000 tonnes. Le reste de la production pourrit dans les champs. Ce qui constitue un élément susceptible de réduire les revenus des organisations agricoles.

En outre, la BAD doit intervenir dans le domaine des infrastructures pour minorer les pertes après récolte. Le nouveau Président de la BAD, M. Adesina Akinwumi, est convaincu que l’Afrique doit être le grenier du monde  mais pour y arriver, elle doit libérer son plein potentiel et procéder à une transformation radicale de son agriculture.