La Haute Cour fédérale d’Abuja a condamné, le 13 mai 2026, l’ancien ministre nigérian de l’Énergie, Saleh Mamman, à 75 ans de prison dans une affaire de fraude et de blanchiment portant sur 33,8 milliards de nairas (environ 24,7 millions de dollars). La peine a été prononcée après sa condamnation, le 7 mai, sur 12 chefs d’accusation retenus à l’issue de poursuites engagées par la Commission des crimes économiques et financiers (EFCC). Les faits concernent des fonds destinés aux projets hydroélectriques de Zungeru et Mambilla.
Le juge James Omotosho a ordonné que les peines soient purgées de manière consécutive, et non confondues. Selon les comptes rendus de l’audience, la plupart des chefs d’accusation ont donné lieu à des peines de sept ans de prison sans possibilité d’amende. Le quatrième chef a été sanctionné par trois ans de prison avec option d’une amende de 10 millions de nairas, tandis que le cinquième a entraîné une peine de deux ans de prison sans option d’amende.
Une condamnation en deux temps, sur fond de mandat d’arrêt
Saleh Mamman a été jugé et condamné en son absence. Après sa déclaration de culpabilité le 7 mai, le tribunal avait déjà délivré un mandat d’arrêt. Lors du prononcé de la peine, le 13 mai, la cour a en outre ordonné aux services de sécurité de l’arrêter et de le remettre à l’administration pénitentiaire nigériane ; selon Punch, cette instruction vise également Interpol. La peine ne doit commencer à courir qu’à compter de son arrestation.
La décision judiciaire prévoit aussi des mesures de recouvrement d’avoirs. Le tribunal a ordonné la confiscation définitive de fonds récupérés, de devises et de biens immobiliers reliés au condamné à Abuja. Il a également demandé le remboursement du solde des 22 milliards de nairas que l’accusation a pu établir comme ayant été détournés. Au cours du procès, l’EFCC a présenté 43 pièces à conviction et fait entendre 17 témoins.
Ancien ministre de l’Énergie entre 2019 et 2021 sous la présidence de Muhammadu Buhari, Saleh Mamman avait été inculpé en juillet 2024 pour blanchiment et complot. Le juge a estimé que l’accusation avait démontré qu’au moins 22 milliards de nairas avaient été siphonnés via un dispositif impliquant des proches, des responsables du ministère et des sociétés privées.

