La deuxième édition du Colloque Financier International (COLFINI 2), s’est achevée à Yaoundé le 24 avril 2026, sous le haut parrainage du ministère des Finances du Cameroun. Pendant deux jours, experts, régulateurs et décideurs ont posé les jalons d’un changement de paradigme majeur pour le financement des infrastructures en Afrique centrale.
Au cours des échanges, les participants ont constaté que, « malgré un cadre institutionnel désormais jugé mature, le marché financier de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) ne représente encore qu’environ 2% du Produit intérieur brut (PIB) régional ». Ce paradoxe persiste, alors même que les besoins en infrastructures restent colossaux.
C’est dans ce contexte que le COLFINI 2 ambitionne de capter et rediriger cette « épargne dormante » vers des investissements de long terme. Routes, barrages, énergie et infrastructures logistiques sont alors identifiés comme des priorités stratégiques pour soutenir la croissance et l’intégration régionale.
Pour y parvenir, les participants ont validé une feuille de route reposant sur une ingénierie financière dite de rupture. Et dont le premier pilier est la transition vers la « dette-projet », avec la généralisation des véhicules spécialisés et des Project Bonds. Il s’agit faire en sorte que chaque emprunt soit désormais adossé à un actif clairement identifiable et traçable.
Pour le deuxième levier, il est question de développer des fonds d’infrastructures régionaux. L’idée est que « ces instruments renforcent la transparence, la gouvernance et la confiance des investisseurs, tout en garantissant une allocation effective des ressources aux projets financés ». La rentabilité économique de l’infrastructure n’est plus remise en cause, selon les promoteurs.
Les participants au COLFINI 2 de Yaoundé estiment que « la technologie constitue le troisième axe stratégique ». Pour cela, le colloque a consacré le rôle de la blockchain et de la tokenisation comme outils de démocratisation de l’investissement. Le Mobile Money est appelé à devenir un canal central d’inclusion financière, permettant aux citoyens de participer directement au financement du développement.
Enfin, le COLFINI 2 a mis en avant « l’essor des instruments participatifs, notamment les Sukuk ». Inspirés de la finance islamique, ces produits favorisent un partage équilibré des risques et des rendements entre États et investisseurs, rompant avec les limites de la dette souveraine classique.
Finalement, les participants ont insisté sur la nécessité de sanctuariser l’expertise technique régionale. La souveraineté financière de la CEMAC dépendra de sa capacité à structurer, noter et piloter ses propres instruments, via des acteurs locaux certifiés. Une orientation stratégique qui place désormais l’exécution au cœur des priorités régionales.

