Après plusieurs mois d’accalmie, la demande de liquidité des banques commerciales opérant dans les Etats de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) repart à la hausse. Lors de l’opération d’injection organisée le 17 mars 2026, les établissements de crédit ont sollicité plus de 400 milliards de FCFA (environ 706,5 millions USD), dépassant l’enveloppe de 350 milliards de FCFA (près de 620 millions USD) (proposée par la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC). Une situation qui illustre un regain de tension sur la trésorerie bancaire dans la sous-région.
« Cette opération marque un tournant après plusieurs mois durant lesquels la demande de refinancement auprès de la banque centrale était restée modérée », susurre un habitué du marché monétaire de la sous-région. Pour les analystes bancaires, « ce surcroît d’appétit traduit principalement un redémarrage progressif de la demande de crédit dans les économies de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) ». En pratique, les banques se tournent vers la liquidité de la BEAC lorsque les besoins de financement de leurs clients excèdent leurs ressources propres disponibles.
Toutefois, malgré cette hausse notable, les montants demandés demeurent très en deçà des pics observés à partir de septembre 2025. À cette période, la demande de liquidité avait atteint des niveaux historiques, culminant successivement à 650 milliards de FCFA (environ 1,15 milliard USD), puis à 700 et 800 milliards de FCFA en octobre de la même année. Face à cette pression exceptionnelle, la BEAC avait alors été contrainte d’augmenter sensiblement ses volumes d’injection afin d’éviter un assèchement du marché monétaire.
Depuis le début de l’année 2025, la dynamique s’est inversée. Le reflux progressif de la demande a permis à la banque centrale d’ajuster à la baisse son soutien au secteur bancaire. L’offre de liquidité s’est ainsi contractée au fil des mois pour s’établir à 350 milliards de FCFA lors de l’opération du 17 mars 2026, un niveau désormais jugé insuffisant par une partie des établissements.
A l’analyse, cette évolution envoie un double signal. D’un côté, elle suggère une reprise graduelle de l’activité économique et du crédit, notamment dans les secteurs porteurs de la sous-région. De l’autre, elle pose la question de l’adéquation entre la politique de liquidité de la BEAC et les besoins réels des banques, dans un contexte marqué par des exigences prudentielles accrues et une croissance encore fragile.
À court terme, les opérateurs de marché scruteront attentivement les prochaines opérations d’open market. Une poursuite de la hausse de la demande pourrait inciter la BEAC à revoir son calibrage, afin de préserver la fluidité du financement bancaire sans compromettre la stabilité monétaire régionale.

