Faut-il obliger les entreprises cotées à la BRVM à se faire noter ?

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La déclaration est de Ripert Bossoukpé, directeur des émetteurs au secrétariat général du Conseil régional de l’épargne publique et des marchés financiers (CREPMF), l’autorité de régulation des marchés financiers de l’UEMOA.

Dans un entretien avec l’agence APA en marge d’un séminaire sur le rôle de la notation dans le développement des marchés des capitaux à l’initiative de l’agence de notation S & P et de la BRVM, ce haut responsable a déclaré que les entreprises cotées à la Bourse régionale des valeurs mobilières ( BRVM) de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine ( UEMOA) qui ne se font pas encore notées par les agences de notation financière, ont jusqu’à fin 2019 pour le faire.
Voici les déclarations de monsieur Bossoukpé en substance:  «les entreprises cotées à la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) qui ne se sont pas encore fait noter ont un délai qui arrive à échéance d’ici la fin de l’année 2019. C’est quelque chose qu’on suit assez rigoureusement et je pense que les agences de notation font beaucoup d’efforts pour amener les entreprises à se faire noter», a affirmé M. Bossoukpé soulignant que la notation financière est « obligatoire » pour les entreprises cotées.

 

Reste à savoir, relèvent  certains observateurs, s’il ne faille pas laisser la notation dans une perspective optionnelle, à la discrétion de l’émetteur,   vu qu’un score élevé permet, sur le compartiment obligataire, de lever de l’argent sans recours à la garantie.   Sur le compartiment actions, les obligations légales appliquées aux sociétés anonymes ajoutées aux  obligations de communication financière inhérentes aux entreprises cotées sont suffisantes sachant qu’à l’arrivée, il y a toujours la sanction ou le plébiscite du marché, lequel constitue la notation suprême.
Ces dernières années, toutes les IPO effectuées à la BRVM avec des multiples exagérés ont été rattrapées par le marché. Les sanctions furent nettes.  Il est vrai qu’un notation apporte toujours une appréciation contradictoire par rapport aux notes d’informations qui accompagnent les émissions.   Cela dit, le CREPMF qui vise ces notes et apprécie leur conformité complète un dispositif de protection de l’épargne et de l’investissement assez suffisant.
Attention dans cette volonté de vouloir protéger l’épargnant et l’investisseur  à ne pas alourdir les coûts de l’introduction en Bourse, avertit ce broker plutôt militant de la notation en tant que  e démarche volontaire et non obligatoire.
A l’heure actuelle, le  CREPMF indique que  la moitié des sociétés cotées à la BRVM sont déjà notées. La notation financière a été introduite en 2009.  Les premières agences de notation  ont été agréées en 2012 et ont commencé à délivrer leurs notes en 2013. Naturellement on a donné un délai de souplesse aux sociétés existantes pour se conformer à la réglementation. Les deux agences de notation agrées au niveau de l’UEMOA, à savoir Bloomfield et Wara, ont déjà délivré 63 notations.
Le gendarme du marché s’est dit favorable à la venue d’autres agences de notation, en allusion sans doute au big three (S&P, Moody’s et Fitch), qui détient le monopole l des obligations cotées en devises.   Verra-t-on ces grandes agences actives sur les émissions obligataires en devises locales?    Le gendarme du marché y est favorable en tout cas: 
 “On pense qu’il y a de la place pour les agences de notation internationales”, dixit Ripert Bossoukpé, estimant que la compétition offre le choix aux investisseurs ».

 

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