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L’activité économique en Afrique subsaharienne a nettement ralenti, tombant à son plus bas niveau depuis plus de 20 ans, selon le dernier rapport du Fonds monétaire international (FMI) sur la zone. Mais longtemps mise en avant, la baisse des prix des produits de base dont souffrent beaucoup de pays ne justifie pas à elle seule cette situation.

En effet, d’après le FMI, l’ajustement insuffisant de la politique économique explique le ralentissement généralisé dans la région. C’est particulièrement le cas dans les pays exportateurs des produits de base, notamment les pays exportateurs de pétrole, tels que l’Angola, le Nigéria et les pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC).

Par ailleurs, note le rapport, des sources de vulnérabilité apparaissent aussi dans les pays qui ne comptent pas dans une large mesure sur les produits de base pour leurs exportations. « Si ces pays, comme la Côte d’Ivoire, le Kenya et le Sénégal, ont généralement maintenu une croissance élevée, leur déficit budgétaire est élevé depuis des années, car les pouvoirs publics ont cherché à juste titre à s’attaquer aux déficits dans le secteur social et les infrastructures », explique-t-il. Conséquence, une hausse de la dette publique et des coûts d’emprunt.

« Réagir d’urgence »

Les retards observés dans l’exécution des ajustements créent en outre de l’incertitude, freinent l’investissement et risquent d’engendrer des problèmes encore plus importants à l’avenir, selon le rapport du FMI.

Jusqu’à présent, explique-t-il, dans la plupart des pays exportateurs de produits de base, la réaction des autorités à la détérioration sans précédent des termes de l’échange a été généralement insuffisante. Face à cette situation qui dure depuis un an et demi, et alors que les amortisseurs budgétaires et les volants de réserves de change s’amenuisent, de même que les options de financement, « les autorités doivent réagir d’urgence et avec détermination pour éviter un ajustement désordonné ».

Et de proposer un processus d’ajustement ordonné, qui « est de loin le meilleur moyen de créer les conditions d’un redressement de l’économie plus rapide, durable et profitant à tous ».