La capitale économique du Bénin accueille, du 6 au 8 juillet 2026, les États généraux de l’assurance pour tous, organisés par la Fédération des sociétés d’assurances de droit national africaines, plus connue sous le sigle FANAF. L’ambition affichée est claire : faire adopter un Pacte panafricain pour l’inclusion assurantielle.
Le choix de Cotonou pour cet évènement inédit n’a rien d’anodin. « Le Bénin s’est progressivement imposé comme l’un des écosystèmes les plus dynamiques du continent en matière de modernisation économique », soulignent les organisateurs.
Autrement dit, le pays offre aujourd’hui un terrain de démonstration cohérent pour une réflexion sur l’assurance de masse : essor des services numériques, progression du mobile money, politiques d’inclusion financière et capacité à accueillir un rendez-vous continental. À travers Cotonou, la FANAF veut installer son événement dans un lieu qui incarne déjà, au moins en partie, les mutations qu’elle appelle de ses vœux pour le secteur.
Le diagnostic est sévère
Ce positionnement géographique et politique renforce la portée d’une initiative qui dépasse largement la seule industrie de l’assurance. « Adopter le Pacte panafricain pour l’inclusion assurantielle » revient, pour les organisateurs, à poser une question de développement, de stabilité sociale et de résilience économique.
Dans un message du président de la FANAF, l’Ivoirien Mamadou G. K. Koné rappelle en effet que « l’Afrique représente près de 19 % de la population mondiale, mais moins de 1 % des primes d’assurance émises dans le monde ». Plus frappant encore, « des millions de familles africaines se lèvent chaque matin sans filet de protection ». Derrière ces formules, il y a une réalité connue : un accident, une maladie, une sécheresse ou une inondation suffisent encore trop souvent à faire basculer un ménage, un agriculteur ou une petite entreprise.
« Un moment de bascule »
Mais la FANAF veut aussi faire de ces assises un moment de bascule plutôt qu’un simple exercice de diagnostic. Ainsi, ses concepteurs insistent sur la fenêtre d’opportunité créée par la digitalisation, l’essor des insurtechs et la diffusion des solutions de paiement mobile. « Cette combinaison entre urgence et opportunité rend l’action indispensable », résume-t-on à Cotonou où tout est en place pour cette messe panafricaine.
Le pacte attendu dans la capitale béninoise doit précisément permettre de passer du constat à la méthode, en fédérant États, régulateurs, assureurs et partenaires financiers autour d’objectifs communs. En ligne de mire : élargir l’accès à l’assurance, renforcer les couvertures santé, agricole et climatique, et créer les conditions d’un changement d’échelle à l’horizon 2040.

