Par Issa Malgoubri, Président-Directeur Général de SGI Image Finances Internationales, Arrangeur principal et Chef de file de placement
Le premier Sukuk de l’État du Burkina Faso n’est pas seulement une innovation financière. C’est un appel national, régional et international à financer la souveraineté économique par l’éthique, l’économie réelle et la confiance.

Il y a des opérations qui mobilisent des ressources. Et il y a des opérations qui mobilisent une Nation.
Le lancement du FCES SUKUK BURKINA RENAISSANCE 6,80% 2026-2035 appartient à cette seconde catégorie. Avec cette émission de 75 milliards FCFA, structurée sous la forme d’un Fonds Commun d’Émission de Sukuk, l’État du Burkina Faso franchit une étape historique : il ouvre au public, aux institutions, à la diaspora et aux investisseurs régionaux et internationaux un instrument moderne, éthique, adossé à des actifs réels et orienté vers le financement des priorités économiques et sociales inscrites au budget national.
Ce n’est pas une simple opération financière. C’est un acte de confiance. C’est un acte de souveraineté. C’est une invitation lancée à tous ceux qui croient que le développement du Burkina Faso doit aussi se financer par la mobilisation intelligente de l’épargne nationale, par la profondeur du marché régional et par l’ouverture maîtrisée aux capitaux internationaux. L’heure est venue de dire une chose simple : notre souveraineté économique ne se décrète pas seulement. Elle se finance. Elle s’organise. Elle se structure. Elle se souscrit.
Une première souveraine pour le Burkina Faso
Le Sukuk Burkina Renaissance marque l’entrée de l’État du Burkina Faso dans un univers de financement qui a déjà fait ses preuves dans de nombreuses économies : celui de la finance islamique de marché. Pour notre pays, cette opération inaugure une nouvelle manière de parler à l’épargne : une manière plus concrète, plus lisible, plus inclusive et plus directement reliée à l’économie réelle. L’opération porte sur 7 500 000 parts, d’une valeur nominale de 10 000 FCFA chacune, pour un montant nominal global de 75 milliards FCFA. La période de souscription est ouverte du 26 juin au 17 juillet 2026. Le taux de revenu espéré est de 6,80% l’an, avec une périodicité semestrielle de distribution, une maturité prévisionnelle de 9 ans, une période de grâce en principal de 2 ans et une date ultime d’amortissement prévue au 22 juillet 2035.
Derrière ces chiffres, il y a une architecture rigoureuse : l’opération est autorisée par l’Autorité des Marchés Financiers de l’UMOA, elle est structurée avec l’appui de SGI Image Finances Internationales en qualité d’Arrangeur principal et Chef de file de placement, avec la Banque Islamique du Sénégal comme co-arrangeur et banque dépositaire, et TAIBA Titrisation comme société de gestion. Elle s’inscrit dans le cadre du marché financier régional et du dispositif applicable aux titres financiers islamiques dans l’UEMOA. Mais l’essentiel est ailleurs : pour la première fois, le Burkina Faso donne à chaque investisseur éligible la possibilité de participer à une opération souveraine de finance islamique, par appel public à l’épargne, avec un ticket d’entrée accessible et une ambition nationale clairement assumée.
Comprendre le Sukuk : la finance islamique expliquée à tous
La finance islamique reste, pour beaucoup, un domaine entouré de termes techniques. Pourtant, son principe fondamental est d’une grande simplicité : l’argent ne doit pas produire de l’argent par lui-même ; il doit être relié à un actif, à un service, à une activité productive, à un risque économique réel ou à une utilité mesurable. Elle repose sur quelques principes majeurs : l’interdiction de l’intérêt usuraire ou riba, la limitation de l’incertitude excessive ou gharar, l’exclusion de la spéculation pure et du jeu de hasard financier, la transparence contractuelle, l’adossement à des actifs tangibles, ainsi que le partage plus responsable des droits, des obligations et des risques.
Cela ne fait pas de la finance islamique une finance réservée à une communauté religieuse. Elle est d’abord une finance de discipline, de traçabilité et d’utilité économique. Elle parle aux croyants, bien sûr, mais elle parle aussi aux investisseurs rationnels, aux institutions, aux entrepreneurs, aux États et aux citoyens qui veulent savoir ce que finance leur argent. Un Sukuk, en termes simples, est un certificat d’investissement donnant à son porteur des droits économiques rattachés à un actif ou à l’usufruit d’un actif.
Contrairement à une obligation classique, qui repose principalement sur une dette rémunérée par intérêt, le Sukuk repose sur des revenus issus d’un actif, par exemple des loyers, des profits commerciaux ou des flux contractuels conformes aux principes de la finance islamique.
Dans le cas du Sukuk Burkina Renaissance, la structure repose sur des actifs immobiliers publics dont l’usufruit est cédé au compartiment émetteur, puis donné en location à l’État. Les revenus distribués aux porteurs proviennent de cette relation économique encadrée. Le mécanisme est donc adossé à des actifs et à des flux identifiables, sous le contrôle des parties prenantes de l’opération et du cadre réglementaire régional. Pour le citoyen non spécialiste, cela signifie ceci : le Sukuk n’est pas une promesse abstraite détachée du réel. Il est relié à des actifs. Il obéit à une documentation. Il s’inscrit dans une gouvernance. Il se comprend. Il se suit. Il se vérifie.
Pour l’expert financier, cela signifie ceci : le Sukuk apporte une diversification de la base d’investisseurs, une structuration conforme aux standards de finance islamique, une mobilisation par appel public à l’épargne, une profondeur potentielle du marché secondaire et une articulation utile entre actifs souverains, liquidité de marché et financement du développement.
Pourquoi ce mécanisme est particulièrement adapté au Burkina Faso
Le Burkina Faso a besoin de ressources longues, stables et mobilisables rapidement pour soutenir ses priorités. Il a besoin d’infrastructures, d’éducation, de santé, d’équipements publics, de services essentiels, de capacités productives et de confiance économique. Il a aussi besoin d’instruments capables de parler à la fois aux investisseurs institutionnels, aux entreprises, aux particuliers, aux Burkinabè de la diaspora et aux partenaires du marché régional.
Le Sukuk répond à cette exigence parce qu’il réunit trois forces rarement rassemblées dans un même instrument : l’éthique, l’actif réel et la mobilisation collective. Il est éthique, parce qu’il repose sur une logique d’adossement, de transparence et d’utilité. Il est réel, parce qu’il se connecte à des actifs et à des projets. Il est collectif, parce qu’il permet à plusieurs catégories d’investisseurs de contribuer selon leurs capacités, à partir d’une valeur nominale de 10 000 FCFA. La force d’une Nation ne se mesure pas seulement à ses ressources naturelles, à son budget ou à ses partenaires. Elle se mesure aussi à sa capacité à transformer l’épargne dispersée en capital organisé. Or, au Burkina Faso, l’épargne existe. Elle est dans les banques, les entreprises, les caisses, les familles, les coopératives, les commerces, les professions libérales, les associations, les institutions et la diaspora. Elle est parfois prudente, parfois informelle, parfois dormante. Mais elle existe.
Le vrai défi n’est donc pas seulement de créer l’épargne. Le vrai défi est de la canaliser vers des instruments crédibles. Le Sukuk Burkina Renaissance offre ce canal. Il donne à l’épargne nationale une destination. Il donne aux investisseurs un cadre. Il donne au pays un levier. C’est pourquoi cette opération doit être comprise comme un pont : un pont entre le citoyen et l’État, entre le marché financier et le développement, entre la finance et l’éthique, entre le présent et la Renaissance économique du Burkina Faso.
La mobilisation nationale : chaque souscription compte
À chaque Burkinabè, je veux dire ceci : souscrire à ce Sukuk n’est pas un geste ordinaire. Ce n’est pas un don. Ce n’est pas un impôt. C’est un investissement dans un instrument souverain, structuré, encadré, porteur de revenus attendus et orienté vers le financement de projets de développement économique et social.
La valeur nominale de 10 000 FCFA n’est pas un détail. Elle traduit une volonté d’inclusion. Elle dit que l’épargne populaire a sa place dans la construction nationale. Elle dit que le marché financier ne doit pas rester l’affaire de quelques initiés. Elle dit qu’un étudiant accompagné par sa famille, un jeune salarié, un entrepreneur, un commerçant, un cadre, une institution ou une entreprise peuvent tous, selon leurs moyens, participer à une même dynamique.
Il faut sortir d’une idée fausse : une petite souscription n’est jamais petite lorsqu’elle s’additionne à des milliers d’autres. L’histoire économique des Nations se construit souvent ainsi : par l’agrégation de gestes de confiance. Ce que l’individu ne peut pas financer seul, la communauté l’accomplit ensemble par le marché, par la règle et par la confiance. C’est cela, l’esprit de ce Sukuk : faire de l’épargne un acte de participation. Faire de la souscription un langage commun. Faire du marché financier un outil populaire, national et stratégique.
La mobilisation régionale et internationale : un signal adressé aux investisseurs
Le Burkina Faso ne s’adresse pas seulement à son marché intérieur. À travers le Sukuk Burkina Renaissance, notre pays parle aussi à l’UEMOA, à l’Afrique de l’Ouest, aux investisseurs institutionnels régionaux, aux fonds, aux banques, aux compagnies d’assurance, aux caisses de retraite, aux gestionnaires d’actifs et aux investisseurs internationaux sensibles à la finance islamique, à l’impact économique et à la diversification de portefeuille. L’offre est réalisée par appel public à l’épargne dans les États membres de l’UEMOA. Elle est ouverte aux personnes physiques et morales des États membres, ainsi qu’aux investisseurs institutionnels régionaux et internationaux, dans le respect des restrictions juridiques applicables. C’est une dimension essentielle : la Renaissance économique du Burkina Faso n’est pas isolée ; elle s’inscrit dans un marché financier régional, dans une dynamique de confiance et dans une compétition positive pour les capitaux.
Pour les investisseurs internationaux, le message est clair : le Burkina Faso innove, structure et diversifie. Il ne se contente pas de recourir aux instruments habituels. Il mobilise une solution conforme aux exigences de la finance islamique, adossée à des actifs, encadrée par l’AMF-UMOA et portée par les acteurs qualifiés du marché. Pour la diaspora burkinabè, le message est encore plus fort : voici une voie concrète, organisée et traçable pour transformer l’attachement au pays en participation financière structurée. L’amour d’un pays est puissant ; lorsqu’il passe par un instrument bien encadré, il devient une force de développement.
Un accélérateur pour l’économie nationale et le secteur privé
La portée de cette opération dépasse le financement public. Un Sukuk souverain réussi crée un précédent. Il installe une culture. Il éduque le marché. Il familiarise les investisseurs avec des produits islamiques de marché. Il ouvre la voie à une future mobilisation de capitaux pour les entreprises, les projets structurants et les secteurs productifs. Le secteur privé burkinabè doit regarder ce lancement avec attention. Aujourd’hui, l’État ouvre la voie. Demain, des entreprises industrielles, agroalimentaires, immobilières, énergétiques, commerciales ou de services pourront envisager des mécanismes compatibles avec la finance islamique pour financer leurs actifs, leurs stocks, leurs équipements, leurs projets de croissance ou leurs besoins de long terme. La finance islamique offre plusieurs familles d’instruments utiles. La Mourabaha permet de financer l’acquisition d’un bien à travers une vente avec marge connue. L’Ijara permet de financer un actif par une logique de location. La Mousharaka organise une association de capitaux et de risques. La Moudaraba met en relation un apporteur de capital et un entrepreneur gestionnaire. L’Istisna peut soutenir la fabrication ou la construction. Le Salam peut contribuer au préfinancement de productions, notamment agricoles, lorsque la structure est adaptée.
Ces mécanismes ne sont pas des slogans. Ce sont des outils. Bien structurés, ils peuvent aider à financer les PME, l’immobilier productif, l’énergie, l’agriculture, les infrastructures, l’industrie locale, la logistique, la transformation et les chaînes de valeur nationales. C’est ici que la finance islamique peut devenir un accélérateur. Elle peut ramener vers le circuit formel des ressources qui restaient en marge par manque de produits compatibles avec certaines convictions. Elle peut attirer des capitaux régionaux et internationaux à la recherche d’instruments Charia compatibles. Elle peut diversifier les sources de financement du secteur privé. Elle peut renforcer la discipline des projets, car elle exige de mieux définir l’actif, le contrat, le flux, le risque et la gouvernance. Dans un environnement où l’accès au financement reste un défi majeur pour les entreprises, toute solution capable d’élargir la base des investisseurs, de mobiliser l’épargne longue et de relier la finance à l’actif productif doit être prise au sérieux. Le Sukuk Burkina Renaissance n’est donc pas seulement une opération d’aujourd’hui. Il est une leçon pour demain.
Une opération de confiance, de discipline et de responsabilité
La confiance ne se réclame pas. Elle se construit. Elle se construit par la clarté des documents, par l’autorisation du régulateur, par la qualité des intervenants, par la conformité de la structure, par la transparence des modalités et par la capacité de chacun à comprendre la nature de ce qu’il souscrit.
C’est pourquoi il est essentiel que chaque investisseur lise la Note d’Information visée, interroge sa SGI, comprenne les caractéristiques de l’opération, les modalités de paiement, les risques, les droits rattachés aux parts, les restrictions applicables et le calendrier prévisionnel. La mobilisation que nous appelons de nos voeux n’est pas une mobilisation aveugle. C’est une mobilisation informée. C’est une mobilisation responsable. C’est une mobilisation digne d’un marché financier moderne. SGI Image Finances Internationales assume pleinement son rôle dans cette opération : structurer, expliquer, rapprocher les investisseurs de l’information, accompagner le placement et contribuer à faire de ce Sukuk une référence pour le Burkina Faso et pour la région.
Souscrire, c’est participer à la Renaissance
Le nom de cette opération n’est pas anodin : Sukuk Burkina Renaissance. La Renaissance, ce n’est pas seulement un mot. C’est une exigence. C’est la capacité d’un pays à croire en ses propres forces. C’est la capacité d’une économie à organiser ses ressources. C’est la capacité d’une société à transformer la confiance en capitaux, les capitaux en projets, et les projets en mieux-être collectif. Aux citoyens, je dis : l’épargne nationale est une puissance. Ne la sous-estimons plus. Aux entreprises, je dis : le marché financier n’est pas un espace lointain. Il peut devenir un levier de croissance, de structuration et d’indépendance. Aux institutions, je dis : ce Sukuk est une opportunité de renforcer la profondeur du marché régional et d’accompagner une innovation souveraine. À la diaspora, je dis : le Burkina Faso vous tend un instrument concret pour participer à son avenir. Aux investisseurs internationaux, je dis : le Burkina Faso ouvre une page nouvelle, avec sérieux, innovation et sens de la responsabilité. Le Sukuk Burkina Renaissance appelle une mobilisation nationale, régionale et internationale. Il appelle les petits épargnants comme les grands investisseurs. Il appelle les particuliers comme les institutions. Il appelle le coeur, mais aussi la raison. Il appelle la confiance, mais aussi l’analyse. Il appelle l’ambition, mais aussi la discipline. Il y a des moments où l’histoire économique d’un pays se joue dans la capacité de ses citoyens et de ses partenaires à répondre présent. Ce moment est venu. Le moment est venu de faire de l’épargne une force nationale. Le moment est venu de montrer que le Burkina Faso peut innover, mobiliser et financer sa trajectoire. Le moment est venu de souscrire au FCES SUKUK BURKINA RENAISSANCE 6,80% 2026-2035. La Renaissance ne se raconte pas seulement. Elle se construit. Elle se finance. Elle se souscrit.
Note aux investisseurs : la présente tribune ne se substitue pas à la Note d’Information visée par l’AMF-UMOA. Toute décision de souscription doit être prise après lecture de la documentation visée et, le cas échéant, avis d’un conseiller agréé.

