Cotonou, le 8 juillet 2026 – Au terme de trois jours de travaux intensifs dans la capitale béninoise, les États généraux de l’assurance pour tous ont abouti à l’adoption d’un pacte panafricain pour l’assurance inclusive. Composé de 23 résolutions dont un « Appel de Cotonou », le document se veut une véritable feuille de route pour transformer l’assurance africaine.
Face à la presse, Mamadou Koné, président de la Fédération des sociétés d’assurances de droit national africaines (FANAF), et Hervé Tchiakpé, président de l’Association des sociétés d’assurances du Bénin (ASA Bénin), ont d’abord rappelé la portée symbolique et politique de la démarche.
Selon M. Koné, plusieurs axes structurent le dispositif adopté: des résolutions sur la fiscalité jugées essentielles pour lever les freins à la démocratisation de l’assurance ; des résolutions sur le genre ; la création d’une Journée FANAF de l’assurance inclusive, appelée à devenir un rendez-vous annuel, et l’institution de rencontres de restitutions nationales au sein des différents marchés de la FANAF, afin de vulgariser le Pacte et d’élargir le cercle des adhérents à l’Appel de Cotonou.
Le président de la FANAF a également fait mention des résolutions sur la réglementation du secteur, avec pour ambition d’obtenir « une régulation qui soit proportionnelle à la nature des risques », adaptée à l’assurance inclusive, tout en permettant au régulateur « de continuer à jouer son rôle de protéger les assurés et les bénéficiaires des contrats ».
Ces éléments, a-t-il dit, répondent aux « cinq verrous » identifiés par les travaux comme les principaux freins à l’accès à l’assurance pour les populations qui en ont réellement besoin.
Un des enseignements majeurs des travaux, a aussi indiqué Mamadou Koné, tient au diagnostic partagé : « Le niveau de confiance, qui constitue la matière première de l’assurance, notamment le paiement des sinistres, était un levier fort », à la fois de restauration de la confiance et de relance de l’activité.
Pour sa part, Hervé Tchiakpè a insisté sur la mise en œuvre effective des résolutions, qui représenterait « un pas de géant » pour l’assurance inclusive sur le continent. L’originalité du dispositif adopté, a-t-il souligné, réside dans sa méthode opérationnelle : une date de mise en œuvre est associée à chaque résolution. « Il y a des résolutions qui seront mises en œuvre tout de suite, et d’autres qui sont bien échelonnées », rassure l’assureur.
Le président de la FANAF a conclu sur un appel à la responsabilité : « Nous avons fait un travail colossal, un travail qui nous a permis d’avoir une feuille de route, un acte qui appelle à la responsabilité (…). C’est maintenant que le travail commence. Il faut qu’on soit prêt, dès aujourd’hui, pour mettre en œuvre les recommandations que nous nous sommes nous-mêmes données. »

