Dans son Plan stratégique 2025-2027, la Direction générale des impôts (DGI) du Gabon entend faire passer ses recettes de 1.002,2 milliards de FCFA (près de 1,75 milliard USD) en 2023 à 1.349,7 milliards de FCFA (environ 2,25 milliards USD) en 2027. Soit une progression projetée de 347,5 milliards de FCFA (près de 606 millions USD).
Cette performance envisagée vise à accompagner les besoins de financement croissants de l’État, tout en réduisant sa dépendance aux revenus pétroliers. Le fisc gabonais table en parallèle sur une hausse de 20% des recettes hors pétrole d’ici 2027. Ce qui constitue un signal de la volonté de diversifier les sources de rentrées budgétaires.
Contrairement à une hausse classique des taux d’imposition, le gouvernement gabonais choisit une autre voie. L’administration fiscale privilégie l’amélioration de sa performance interne à travers quatre axes. Le premier axe est constitué d’une gouvernance renforcée, des services aux contribuables modernisés, des agents plus performants, et un élargissement de l’assiette fiscale.
La digitalisation constitue le deuxième levier central de cette réforme. Dans ce registre, la DGI ambitionne de numériser l’intégralité de ses activités métiers d’ici 2027, pour mieux collecter l’information, suivre les contribuables et sécuriser les recettes. Le déploiement complet de Digitax, couplé à de nouvelles solutions de télépaiement et à l’application mobile Mobitax, doit soutenir cette transformation. Un système de gestion électronique des documents et l’interconnexion des centres fiscaux complètent le dispositif.
Le troisième pilier stratégique est l’automatisation des échanges d’informations entre administrations. La DGI veut connecter ses systèmes à ceux de la Douane, du Trésor, de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) et de la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS). L’Agence nationale de promotion des investissements (ANPI), l’Ordre national des experts-comptables du Gabon (ONEC) et la Chambre de commerce figurent aussi parmi les partenaires visés.
Cette mise en commun des données doit permettre de repérer plus vite les incohérences dans les déclarations. Elle facilitera également l’identification des contribuables sous-imposés et des activités économiques échappant encore au recensement fiscal.
Il est également question d’un renforcement du contrôle interne et une professionnalisation des missions d’audit. La cartographie des risques fiscaux et la modernisation des outils de recouvrement complètent cette architecture. Une meilleure gouvernance des performances vient consolider l’ensemble du dispositif.
Pour les autorités gabonaises, l’enjeu dépasse la simple collecte budgétaire. Il s’agit de faire de l’administration fiscale un véritable levier de financement du développement national. Cette ambition affichée vise à soutenir les projets de l’État sans alourdir la pression fiscale qui pèse sur les entreprises et les ménages. Reste à voir si la mise en œuvre technique suivra le rythme de cette feuille de route ambitieuse.

