À quelques jours de la Global Partnerships Conference, prévue les 19 et 20 mai 2026 à Londres, l’ambassade du Royaume-Uni au Sénégal a réuni, ce lundi 11 mai à Dakar, des représentants des gouvernements, du secteur privé, de la société civile et des acteurs du développement autour d’une ambition commune : repenser la coopération internationale dans un monde confronté à des crises économiques, climatiques et géopolitiques de plus en plus complexes.
Placée sous le thème « Défis communs, action collective », cette conférence internationale réunira des gouvernements, des institutions financières, des leaders technologiques, des organisations philanthropiques, des entreprises et des institutions internationales afin de bâtir un modèle de coopération davantage centré sur le leadership local, la finance durable et l’innovation technologique.
Une remise en question des modèles traditionnels
Cette rencontre préparatoire intervient dans un contexte marqué par une remise en cause des modèles classiques de l’aide au développement. Au cœur des échanges figurent la finance durable, les technologies à impact et le renforcement du leadership local, désormais perçus comme les nouveaux piliers d’une coopération plus équilibrée et davantage orientée vers les résultats.
Carine Robarts, ambassadrice du Royaume-Uni au Sénégal, a souligné la volonté de promouvoir « un modèle de développement qui dépasse la logique traditionnelle de l’aide entre gouvernements », afin d’associer plus étroitement le secteur privé, les investisseurs, les organisations philanthropiques, les chercheurs et les innovateurs technologiques.
« L’objectif est de réunir autour d’une même table des acteurs qui ne travaillent pas toujours ensemble afin de trouver des solutions concrètes aux défis mondiaux », a-t-elle déclaré. La diplomate britannique a également insisté sur la nécessité de bâtir des coalitions modernes capables de mobiliser des financements innovants et de nouer des partenariats à fort impact.
Dakar veut porter la voix du Sénégal
Pour Dakar, cette conférence représente aussi une plateforme stratégique pour faire entendre la voix du Sénégal sur les questions de dette, de finance publique internationale et de développement durable. Le ministre sénégalais des Finances prendra notamment part à une table ronde consacrée à la finance durable.
De son côté, le directeur de cabinet du ministère sénégalais de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire, Mamadou Ndiaye, a défendu une approche fondée sur le « partenariat gagnant-gagnant », qui traduit, selon lui, un changement profond de paradigme dans les relations internationales.
« Nous passons d’une logique de coopération où une partie définissait les règles à une logique de partenariat où chaque acteur doit pouvoir gagner et contribuer à l’impact du développement », a-t-il expliqué.
Il a également mis en avant le rôle stratégique de l’économie sociale et solidaire dans la construction d’un modèle économique plus inclusif. « La création de valeur ne doit pas se faire au détriment de l’humain et de la nature », a-t-il affirmé, plaidant pour des investissements conciliant rentabilité, impact social et durabilité environnementale.
Vers des engagements concrets à Londres
Au-delà des discours, la conférence de Londres ambitionne de faire émerger des engagements concrets en faveur d’un financement plus direct des acteurs locaux, d’une meilleure mobilisation des capitaux privés et d’une gouvernance internationale davantage centrée sur les besoins des pays partenaires.
Dans un environnement mondial en mutation, cette nouvelle approche pourrait redéfinir les équilibres de la coopération internationale et ouvrir la voie à des modèles de développement plus souverains, plus résilients et plus durables pour les économies africaines.

