Les transactions extérieures de l’Égypte ont montré une amélioration relative au cours du premier semestre 2025/2026 (juillet-décembre 2025). Le déficit du compte courant s’est ainsi réduit de 13,6 % pour s’établir à 9,5 milliards de dollars, contre 10,9 milliards de dollars un an plus tôt. Dans le même temps, le compte de capital et financier a enregistré une entrée nette de 6,5 milliards de dollars, selon un communiqué de la Banque centrale d’Égypte, publié le 14 avril 2026.
Cette évolution s’explique principalement par la forte hausse de 28,4 % des transferts courants nets, qui ont atteint 22,0 milliards de dollars. Cette progression a été largement portée par l’augmentation marquée des envois de fonds des Égyptiens résidant à l’étranger. Parallèlement, la balance des services s’est améliorée de 20,6 %, affichant un excédent de 8,9 milliards de dollars grâce à la croissance conjointe des recettes touristiques et des revenus de transit du canal de Suez.
Sur le plan financier, le compte de capital et financier a bénéficié d’entrées nettes de 6,5 milliards de dollars. Les investissements directs étrangers ont notamment atteint 9,3 milliards de dollars, soutenus par les flux enregistrés entre octobre et décembre 2025 dans le cadre de l’accord Alam El-Roum, d’un montant de 3,5 milliards de dollars. Les investissements de portefeuille ont également rebondi, avec des entrées nettes de 5,0 milliards de dollars, contre une sortie nette de 3,2 milliards un an plus tôt. Dans le même temps, les actifs étrangers des banques ont augmenté de 9,7 milliards de dollars.
Malgré ces évolutions positives, la balance des paiements a affiché un déficit global de 2,1 milliards de dollars, contre 502,6 millions de dollars un an auparavant.
Les moteurs de l’amélioration du compte courant
Plusieurs facteurs ont contribué à la réduction du déficit courant. Les transferts des travailleurs expatriés ont progressé de 29,6 % pour atteindre un niveau record de 22,1 milliards de dollars, contre 17,1 milliards auparavant. Les recettes touristiques ont augmenté de 17,3 % pour atteindre 10,2 milliards de dollars, tandis que les recettes du canal de Suez ont progressé de 19,0 % pour atteindre 2,2 milliards de dollars, soutenues par la hausse du tonnage et du nombre de navires en transit.
Des déséquilibres commerciaux persistants
Toutefois, ces performances ont été partiellement contrebalancées par l’aggravation du déficit commercial. Le déficit pétrolier s’est creusé de 2,3 milliards de dollars pour atteindre 8,9 milliards, en raison de la hausse des importations d’énergie, qui ont atteint 11,6 milliards de dollars. Parallèlement, les exportations pétrolières ont reculé à 2,6 milliards de dollars, malgré une légère progression des exportations de gaz naturel.
Le déficit commercial hors pétrole s’est également accentué, atteignant 22,8 milliards de dollars contre 20,8 milliards précédemment. Cette évolution reflète la hausse des importations de biens, notamment les véhicules, le maïs, les téléphones et le soja, malgré une progression des exportations non pétrolières à 18,3 milliards de dollars, tirées par l’or, les appareils électroménagers, les produits agricoles et l’habillement.
Par ailleurs, le déficit des revenus d’investissement s’est creusé de 8,0 % pour atteindre 8,6 milliards de dollars, sous l’effet de la hausse des paiements de revenus d’investissement.
Dynamique des flux financiers
Le compte de capital et financier a été soutenu par des investissements directs étrangers nets de 9,3 milliards de dollars, essentiellement dans les secteurs non pétroliers. Les investissements dans de nouveaux projets et les augmentations de capital ont généré 6,1 milliards de dollars, tandis que les achats immobiliers par des non-résidents ont atteint 1,0 milliard de dollars et que les bénéfices réinvestis ont représenté 2,4 milliards de dollars.
En revanche, le secteur pétrolier et minier a enregistré une sortie nette de 159,5 millions de dollars, liée au remboursement des coûts d’exploration et de développement.
Enfin, la baisse des emprunts extérieurs s’est traduite par un remboursement net de 380,7 millions de dollars sur les prêts à moyen et long terme, illustrant une moindre dépendance au financement extérieur.

