Le gouvernement ivoirien a officiellement lancé la campagne intermédiaire ce mercredi 4 mars 2026. La décision phare de cette rentrée agricole est la fixation du prix bord champ à 1 200 FCFA le kilogramme. Ce tarif vise à maintenir un revenu satisfaisant malgré la chute des cours internationaux. Le mécanisme de stabilisation, pilier du secteur depuis 2011, continue de jouer son rôle de bouclier en garantissant aux planteurs au moins 60 % du prix CAF.
L’ouverture de la campagne dès ce mercredi se tient dans un contexte de forte volatilité des cours mondiaux et répond à une urgence climatique. Les dérèglements météorologiques ayant entraîné des récoltes précoces, il était impératif d’ajuster le calendrier pour éviter que les fèves ne se détériorent dans les exploitations, selon le Conseil Café Cacao. Cette réactivité permet de préserver la qualité du cacao ivoirien tout en répondant aux besoins pressants de liquidités des producteurs pour le financement des charges familiales et scolaires.
Cette campagne 2025-2026 marque également une avancée majeure dans l’harmonisation régionale. La Côte d’Ivoire a travaillé en étroite concertation avec le Ghana Cocoa Board pour synchroniser ses politiques commerciales. Cette alliance stratégique entre les deux géants mondiaux du cacao vise à stabiliser le marché ouest-africain et à limiter les disparités de prix qui favorisent habituellement la fuite des produits vers les pays frontaliers.
Le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des productions vivrières, Bruno Koné, a essayé de rassurer les acteurs de la filière sur la continuité des paiements. Si le nouveau prix reflète la conjoncture actuelle, les volumes déjà engagés sur les contrats précédents restent honorés au taux exceptionnel de 2 800 FCFA/kg. Cet équilibre entre les prix passés et le nouveau tarif de 1 200 FCFA illustre la volonté de l’État de piloter la filière avec pragmatisme, sans sacrifier le bien-être des agriculteurs.

