S&P – Francs CFA : Quels pays souffriraient le plus d’une dévaluation ?

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La CEMAC, très dépendante des recettes pétrolières, est exposée à des pressions importantes depuis la forte chute des cours pétroliers en 2014. Les termes de l'échange se sont considérablement détériorés (Graphique 5). Entre 2013 et 2016, le déficit des transactions courantes de la zone est passé de 1% à 9% et le déficit budgétaire de 3% à 7%. Les déficits des transactions courantes ont été principalement financés par les réserves de change, qui sont passées de 18 milliards de dollars à 5 milliards de dollars sur la même période. Le taux de couverture de l'émission monétaire (rapport entre les avoirs extérieurs de la BEAC et ses engagements monétaires) est passé de 98% en juillet 2014 à 56% en juillet 2017 (Graphique 1), celui-ci restant cependant au-dessus du seuil minimal de 20% indiqué dans le cadre de l'arrangement avec le Trésor français. De même, les déficits budgétaires des pays de la zone ont été largement financés par les tirages sur leurs dépôts auprès de la BEAC, qui ont chuté de 3 500 milliards de francs CFA à moins de 1 000 milliards entre 2013 et 2016 (Graphique 2). La BEAC a également accordé des avances statutaires, pour lesquels tous les pays ont atteint leur plafond, à l'exception du Cameroun.

La soutenabilité des francs CFA est à nouveau mise en question, relève S&P dans un rapport à lire avec attention.

 

L’incertitude sur l’avenir des 2 unions monétaires africaines se nourrit de nombreux facteurs : convergence économique atone, chute des cours pétroliers, résurgence des débats sur la souveraineté des Etats au sein des unions monétaires, déséquilibres extérieurs et budgétaires, etc.

Face à ce contexte, S&P Global Rating examine  les vulnérabilités de ces monnaies face à une éventuelle dévaluation, mais rappelle que cette hypothèse ne fait pas partie de son scénario ncentral. De fait, la perspective associée aux notations souveraines des Etats de la zone franc est « stable ».

Dans l’hypothèse d’une dévaluation, les plus grandes économies de chaque zone verraient le poids de leur dette augmenter de manière significative.

 

 

 

Plus spécifiquement :

– L’analyse de S&P suggère des pressions plus élevées sur le franc CFA d’Afrique centrale que sur celui de l’Afrique de l’Ouest.
– En Zone CEMAC : les programmes conclus récemment entre le FMI et la plupart des pays de la zone pourraient atténuer les déséquilibres extérieurs et budgétaires.

– En zone  UEMOA : le dynamisme relatif de l’activité économique en Côte d’Ivoire et au Sénégal devrait contenir les pressions sur le taux de change.

Dans l’hypothèse d’une dévaluation :

-le Cameroun et le Gabon (CEMAC) ainsi que la Côte d’Ivoire et le Sénégal (UEMOA) verraient le poids de leur dette considérablement augmenter ;

-Des 14 pays composant ces 2 zones monétaires, le Congo apparaît comme le plus vulnérable.

– Malgré ces tensions, S&P  attribue une perspective stable aux pays de la zone franc qu’elle note, la dévaluation ne faisant actuellement pas partie de notre scénario central.

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