L’Afrique cherche la formule de son attractivité énergétique
En marge de la 4e édition des « Journées Pétrole », organisée à Casablanca du 20 au 23 mai 2026 par le cabinet 3e Partenaire & Conseil, experts, juristes, logisticiens et acteurs du secteur énergétique africain ont multiplié les échanges autour de la question de l’attractivité du continent dans les hydrocarbures. À l’ouverture des travaux, Gaycen Moueli a rappelé que les Journées Pétrole avaient été conçues comme « une plateforme créée par et pour les Africains » afin de réfléchir aux conditions nécessaires au développement des hydrocarbures sur le continent.
Le thème retenu cette année — « Construire l’attractivité : stratégies et conditions pour le développement des hydrocarbures africains » — intervient dans un contexte marqué par la baisse relative des flux d’investissement vers l’Afrique. Selon les chiffres avancés par les organisateurs, sur les 503 milliards de dollars d’investissements prévus dans l’exploration-production mondiale en 2026, l’Afrique ne devrait capter qu’environ 41 milliards de dollars, soit près de 8 % du total
Plusieurs participants venus d’Afrique centrale ont cité le Maroc comme exemple de stabilité institutionnelle et d’attractivité économique. Un représentant du groupe Juridf, cabinet de conseil juridique et fiscal présent au Cameroun et au Gabon, a estimé que le royaume avait réussi à construire un environnement favorable aux investissements grâce à la qualité de ses infrastructures, à la stabilité politique et aux mesures incitatives mises en place. Le même intervenant a souligné que les pays d’Afrique centrale faisaient face à des problématiques similaires en matière de mobilisation des capitaux, de transition énergétique et de financement des projets extractifs. Il a également insisté sur la nécessité d’accompagner les communautés locales affectées par les activités pétrolières tout en maintenant les efforts de développement économique.
Les enjeux logistiques ont également été abordés lors des discussions. Les représentants de Office des Ports et Rades du Gabon ont rappelé que le secteur portuaire jouait un rôle central dans la chaîne pétrolière, notamment pour les activités offshore. Selon les responsables gabonais présents à Casablanca, les infrastructures de Port-Gentil et de Libreville constituent déjà des bases logistiques importantes pour l’industrie pétrolière nationale. Ils ont également évoqué les futurs projets liés au port en eau profonde de Mayumba ainsi que les perspectives de développement des réserves offshore encore inexploitées du Gabon.
Les échanges ont enfin porté sur les projets régionaux de connectivité énergétique et gazière dans le cadre de l’intégration africaine. Plusieurs intervenants ont estimé que les grands projets de gazoducs et de LNG pourraient contribuer au renforcement des échanges énergétiques continentaux dans l’esprit de la ZLECAf.

