Le Sénégal vu par la Banque Mondiale

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Le rapport semestriel de la banque mondiale sur la situation Économique du SÉNÉGAL « Apprendre du passé pour un avenir meilleur » vient d’être publié.

 

Le présent rapport est le premier d’une nouvelle série de rapports ayant pour objectif d’assurer le suivi de l’évolution économique au Sénégal et d’analyser les principales options stratégiques. La première partie offre un aperçu global des développements macroéconomiques et structurels du pays au cours des années 2013 et 2014.
La deuxième partie offre une analyse historique de la croissance économique depuis 1990 afin de tirer des leçons pour l’avenir. La troisième partie met l’accent sur l’avènement d’un nouveau défi que représentent les changements climatiques.

La croissance de 3,5 % enregistrée par le PIB en 2013 a été décevante. Elle n’a pas beaucoup changé par rapport à 2012 ; reflétant ainsi une baisse dans la production des céréales dans le secteur industriel. Les services restent le moteur de l’économie. • La valeur totale des exportations a stagné en 2013, car quatre des cinq principaux produits d’exportation (l’acide phosphorique, l’or, le ciment et le poisson) ont accusé des baisses. Le tourisme, qui reste la plus grande source de devises étrangères, a également connu des difficultés.
L’exécution du budget est demeurée conforme au cadre budgétaire, avec un déficit budgétaire qui est tombé à 5,5 % du PIB. Toutefois, l’insuffisance des recettes a entrainé une réduction des dépenses publiques.
Les perspectives économiques pour 2014 étaient plus encourageantes, mais les pluies peu abondantes et l’épidémie d’Ebola ont forcé les révisions à la baisse dans les projections de croissance du PIB, qui devrait désormais s’établir à 4,5 % seulement.
La consolidation fiscale s’est poursuivie en 2014 avec une réduction du déficit budgétaire de 5,5 % en 2013 à 5,2 % en 2014. Cependant, la masse salariale, plus particulièrement les indemnités, devient de plus en plus importante, et les budgets de 2014 et 2015 ne semblent pas toujours avoir reflété les priorités annoncées par le gouvernement.
Une analyse à long terme de l’économie fait ressortir une certaine perte de dynamisme enregistrée depuis 2005. Ceci est, en partie, dû aux chocs extérieurs mais également à des investissements inefficaces et à l’absence de réformes.
Le Plan Sénégal émergent a pour objectif de rompre avec cette tendance. Le fait qu’il mette l’accent sur la croissance économique est salué. Toutefois, ses ambitions pourraient ne pas correspondre avec les ressources disponibles et, selon toute vraisemblance, son succès dépendra de l’accélération des réformes et de l’adhésion massive du secteur privé.
Les changements climatiques constituent de nouveaux défis pour l’économie. L’érosion côtière affecte déjà l’industrie du tourisme et l’élévation du niveau des mers constitue une menace dans le moyen terme, plus particulièrement à Saint-Louis.

Ablaye Modou Ndiaye