Les services fiscaux béninois réclament à la société la société Comptoir mondial de négoce-Comptoir Ajavon et fils (Cajaf-Comon S.A.) de l’homme d’affaires et politicien Sébastien Ajavon, 167 milliards de Fcfa d’impôts impayés.

Selon ces derniers,  il s’agit d’une opération régulière qui entre dans le cadre de la mobilisation des ressources internes en vue de financer les actions prévues dans le cadre du programme du président Patrice Talon et plusieurs sociétés béninoises qui ont des ardoises auprès du fisc sont visées par les mêmes procédures.  Mais ce redressement d’envergure est considéré comme un harcèlement par les partisans de l’homme d’affaire et ancien allié du président Patrice Talon après l’affaire de la découverte des 18 kg de cocaïne dans une cargaison de la société au port de Cotonou en avril 2016.

Interpellé par la gendarmerie et détenu pendant plusieurs jours suite  à cette découverte, Sébastien Ajavon avait été relâché sans que la polémique ne soit vidée.  Les  conditions dans lesquelles le candidat malheureux aux dernières présidentielles béninoises a été arrêté ainsi que la cabale qu’il a subi ,selon ses partisans,  a scellé la rupture entre sa formation et la coalition soutenant le président Talon. Depuis, l’homme d’affaire s’est rangé dans les rangs de l’opposition et s’est un peu retiré des affaires, notamment de la direction de sa société dont il reste encore l’administrateur principal.

C’est ce qui justifierait, selon sa formation, le harcèlement qu’il subit actuellement de la part du régime. Les opposants accusent en effet Patrice Talon de vouloir dompter ses principaux challengers en vue des prochaines consultations notamment les législatives de 2019, un tremplin pour la présidence. Notons que ce n’est pas la première fois que la société de Sébastien Ajavon est visée par une procédure de redressement fiscal aux allures de règlement de compte politique. En 2012 déjà, les services fiscaux avaient réclamés à CAJAF-COMON S.A., une somme de 35 milliards de Fcfa à titre d’impôts dû mais non payés sous le régime de l’ancien chef d’Etat Yayi Boni.