Face à la réapparition du virus Ebola en République démocratique du Congo, les autorités sanitaires et les partenaires internationaux accélèrent la mobilisation des moyens financiers, logistiques et médicaux pour contenir la propagation de l’épidémie. Ebola, l’un des virus les plus meurtriers au monde, provoque des fièvres hémorragiques sévères avec un taux de mortalité élevé en l’absence de prise en charge rapide. La résurgence actuelle inquiète en raison des risques de transmission dans plusieurs provinces de l’Est du pays et des mouvements transfrontaliers dans la région des Grands Lacs.
Un appui financier international d’urgence
Selon les dernières données communiquées ce mardi 19 mai 2026, plus de 25 millions de dollars ont déjà été mobilisés pour soutenir la riposte. Africa Centres for Disease Control and Prevention (Africa CDC) a débloqué 2 millions de dollars pour renforcer les interventions sanitaires d’urgence. Le Département d’État américain a, de son côté, annoncé 13 millions de dollars via les fonds humanitaires groupés de l’Office for the Coordination of Humanitarian Affairs (OCHA) pour la RDC et l’Ouganda.
Lors d’un briefing à la Radio-Télévision nationale congolaise (RTNC), le ministre de la Santé Roger Samuel Kamba, le virologue Jean-Jacques Muyembe, le ministre de la Communication Patrick Muyaya et le directeur général d’Africa CDC, Jean Kaseya, ont présenté la situation épidémiologique. Les zones de Mungwalu, Bunia, Rwampara et Nyakunde en Ituri figurent parmi les principales localités touchées ; Butembo et Goma sont également concernées. Le bilan provisoire fait état de 32 cas confirmés, 69 patients pris en charge, 543 cas probables et 136 décès probables sous investigation.
Renforts logistiques et expertise déployés sur le terrain
Sur le plan logistique, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a acheminé près de 12 tonnes de matériel d’urgence vers la RDC. En parallèle, 4,7 tonnes de fournitures médicales et d’équipements spécialisés ont été transportées de Nairobi vers Bunia grâce à un appui aérien de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO). Ce dispositif vise à renforcer la prévention, le contrôle des infections et la réponse rapide dans les zones les plus exposées.
À travers le projet HEPRR, la Banque mondiale a déployé 19 experts à Bunia pour appuyer la coordination des interventions, la surveillance épidémiologique, les analyses de laboratoire, la prise en charge clinique et la communication des risques. Codécouvreur du virus Ebola en 1976 et directeur général de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB), Jean-Jacques Muyembe alerte sur le risque d’une propagation rapide au-delà des frontières congolaises si la riposte n’est pas renforcée sans délai.

