Les collectivités veulent accroître la mobilisation des ressources propres pour un développement local durable. Selon Amoi Sanhou, directeur général adjoint de la Décentralisation et du Développement local au ministère de l’Intérieur et de la Sécurité, l’enjeu prioritaire réside dans leur capacité à mobiliser des fonds via l’acquisition d’outils et de techniques internes, d’autant que moins de 10 % des ressources de ces entités proviennent de leur propre mobilisation, le reste étant assuré par l’État.
Pour remédier à cette faible autonomie financière, le Projet d’appui à la mobilisation des ressources intérieures des collectivités (PAMRI), initié par Expertise France, accompagne, ce lundi 11 mai, un échantillon d’une vingtaine de collectivités — incluant des régions, des communes et le Sénat — dans l’amélioration de leurs procédures de recouvrement, en partenariat avec l’Union des villes et communes de Côte d’Ivoire (UVICOCI) et la Direction générale du développement des collectivités locales (DGDDL) du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité.
Sur le plan budgétaire, l’État ivoirien injecte plus de 666,67 millions de dollars dans le financement des collectivités, avec une progression annuelle des contributions atteignant 833,33 millions de dollars sur les trois dernières années. Bien que ces volumes soient jugés en deçà des directives de l’UEMOA, Ladji Konaré, directeur de la Tutelle économique et financière à la DGDDL, précise qu’en 2026, pour un ensemble de 10 communes, seuls 55 millions de dollars de recettes propres ont été mobilisés, face aux 783,33 millions de dollars versés par l’État. Ces chiffres confirment une dépendance structurelle dans laquelle la part des recettes autonomes demeure marginale.
L’analyse de la structure des revenus pour l’année 2024 révèle, selon lui, que les recettes propres ne représentaient que 13,83 % du budget global des collectivités. Le reste des financements était constitué des quotes-parts d’impôts, à hauteur de 47,18 %, et des subventions étatiques, s’élevant à 38,99 %. Ce déséquilibre accentue la nécessité d’une réforme des mécanismes de collecte afin de permettre aux élus locaux de disposer de leviers financiers plus directs et plus significatifs pour le développement de leurs territoires.
Par ailleurs, l’architecture juridique actuelle, encadrée par la loi de 2020 et son article 100, fait l’objet de demandes de révision de la part des collectivités territoriales. Ce texte est pointé du doigt pour les lourdeurs bureaucratiques qu’il génère, notamment l’obligation de mettre les recettes mobilisées à la disposition du Trésor et des services des Impôts. En vue d’une mise en conformité avec les directives communautaires de l’UEMOA, une évolution législative est sollicitée pour lever les freins à l’autonomie réelle des régions et des communes de Côte d’Ivoire.

