Le projet de « proclamation sur les assurances », dévoilé fin avril 2026 par la National Bank of Ethiopia, prévoit la création de l’Autorité éthiopienne de régulation des assurances (EIRA). Ce nouvel organe exercera les prérogatives de la banque centrale en la matière, elle qui encadre le secteur depuis 1976.
Une fois adoptée, cette réforme dotera l’EIRA d’une autonomie opérationnelle totale, tout en la plaçant sous la tutelle du ministère des Finances. Elle est perçue comme un tournant majeur pour le secteur, à l’approche de son ouverture à la concurrence étrangère.
Le futur conseil d’administration de l’EIRA sera composé de sept membres, dont plusieurs représentants de l’État siégeant de droit. Y figureront notamment le gouverneur de la Banque nationale, un représentant du ministère du Commerce et de l’Intégration régionale, le commissaire de l’autorité ainsi que le directeur général de l’Autorité éthiopienne des marchés de capitaux. Les autres sièges seront occupés par des membres indépendants nommés par le Premier ministre.
Si les acteurs du secteur saluent la création d’un régulateur autonome, certains expriment toutefois des inquiétudes quant à la forte présence de représentants gouvernementaux au sein de l’instance, au détriment d’une représentation du secteur privé.
Ce projet de loi constitue la réforme la plus importante du secteur des assurances en Éthiopie depuis quarante ans. Il ouvre notamment la voie à l’entrée d’acteurs étrangers sur le marché.
Actuellement, le pays compte 19 compagnies d’assurance locales, opérant dans un environnement jusqu’ici strictement domestique.

