En maintenant son taux directeur à 5,75 % pour le trimestre s’achevant en juin 2026, la Banque de Tanzanie confirme une orientation monétaire prudente, destinée à préserver l’équilibre entre maîtrise de l’inflation et soutien à l’activité économique. Cette décision intervient dans un contexte marqué par une croissance du PIB attendue à 6,1 % au deuxième trimestre, après 6,2 % au premier, signe d’un léger ralentissement dans un environnement international toujours incertain.
Selon la déclaration de politique monétaire publiée en avril, cette résilience repose sur plusieurs fondamentaux solides. Les précipitations favorables continuent de soutenir la production agricole, tandis qu’une politique budgétaire accommodante, la bonne tenue du secteur minier et la stabilité de l’approvisionnement énergétique contribuent à maintenir le dynamisme de l’économie. À cela s’ajoute un niveau de confiance des entreprises jugé satisfaisant, comme en témoigne l’enquête menée en mars 2026 auprès des dirigeants.
Dans ce contexte, la politique monétaire actuelle devrait favoriser une progression soutenue du crédit au secteur privé, avec une croissance supérieure à 20 % en glissement annuel. Les autorités monétaires reconnaissent toutefois que les perspectives restent tributaires de l’évolution de l’économie mondiale, même si les effets des chocs externes devraient demeurer limités grâce à la diversification croissante de l’économie tanzanienne. À Zanzibar, archipel tanzanien semi-autonome de l’océan Indien, la croissance est ainsi attendue à 6,6 % au deuxième trimestre 2026.
Sur le front des prix, les perspectives inflationnistes demeurent globalement maîtrisées, malgré les tensions internationales liées notamment aux évolutions géopolitiques au Moyen-Orient. Sur le plan intérieur, l’abondance de l’offre alimentaire, favorisée par de bonnes conditions climatiques, ainsi que la stabilité du taux de change, soutenue par des réserves de change jugées adéquates, devraient contribuer à contenir les pressions inflationnistes.
L’inflation en Tanzanie continentale est ainsi projetée à 3,4 % au deuxième trimestre 2026, soit dans la fourchette cible de 3 % à 5 % fixée par les autorités. À Zanzibar, elle devrait en revanche s’établir autour de 5,4 %. Dans ce contexte, le maintien du taux directeur à 5,75 % apparaît comme un compromis destiné à limiter les risques inflationnistes sans casser la dynamique de croissance.
Parallèlement, la Banque de Tanzanie a décidé de resserrer sa fourchette de politique monétaire, en la ramenant de ±200 à ±150 points de base autour du taux directeur. Cette mesure vise à améliorer la transmission des décisions monétaires et à arrimer plus étroitement le taux interbancaire à sept jours (IBCM) au taux de référence. Désormais, les opérations de la banque centrale chercheront à maintenir ce taux dans une bande comprise entre 4,25 % et 7,25 %, illustrant la volonté des autorités de renforcer l’efficacité du cadre monétaire et de consolider la crédibilité de leur politique économique.

