Face aux tensions inflationnistes persistantes et aux incertitudes de l’environnement économique mondial, la Banque centrale de Madagascar a décidé de maintenir son taux directeur à 12 % lors de la réunion trimestrielle de son Comité monétaire tenue le 5 mai 2026. À travers cette décision, la Banky Foiben’i Madagasikara (BFM) confirme sa volonté de conserver une politique monétaire restrictive afin de préserver la stabilité des prix, soutenir la crédibilité de l’ariary et renforcer la résilience de l’économie malgache. Ce maintien du taux directeur constitue également un signal adressé aux marchés et aux partenaires financiers, dans un contexte où plusieurs économies africaines restent confrontées à des pressions inflationnistes et à la volatilité des marchés internationaux.
Après un ralentissement progressif observé en 2025, l’inflation annuelle a poursuivi sa décélération au début de l’année 2026, atteignant 6,1 % en janvier avant de remonter légèrement à 6,8 % en mars. Selon la Banque centrale, cette évolution s’explique principalement par la hausse des prix des produits alimentaires, sur fond de tensions persistantes sur les marchés mondiaux. La BFM alerte également sur plusieurs facteurs de risque susceptibles d’alimenter une nouvelle poussée inflationniste, notamment la hausse des prix du pétrole, du transport maritime et des intrants agricoles, ainsi que les effets indirects des augmentations salariales. Malgré ces pressions, l’institution estime que l’inflation devrait progressivement ralentir à partir de 2027 grâce au maintien d’une politique monétaire rigoureuse.
Les partenaires techniques et financiers internationaux demeurent prudents quant aux perspectives économiques du pays. Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une inflation d’environ 8,3 % à Madagascar en 2026, soit un niveau supérieur aux projections de la Banque centrale malgache. La Banque mondiale anticipe également une inflation proche de ce seuil, portée principalement par la hausse des coûts de l’énergie et des transports dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Ces prévisions traduisent les défis auxquels l’économie malgache reste confrontée malgré les efforts engagés pour stabiliser le cadre macroéconomique.
Malgré cet environnement international difficile, certains indicateurs démontrent d’une relative solidité de l’économie malgache. À fin mars 2026, l’ariary s’est apprécié de 10,7 % face à l’euro et de 8,9 % vis-à-vis du dollar américain, soutenu par l’amélioration du solde commercial et les entrées de devises liées aux projets de développement. Les réserves de change couvrent désormais 7,3 mois d’importations, un niveau jugé confortable pour limiter les risques extérieurs et soutenir la stabilité du système financier.
Toutefois, les perspectives économiques demeurent fragiles à court terme. L’enquête de conjoncture économique publiée par la BFM fait état d’une dégradation des activités au premier trimestre 2026 ainsi que d’un climat d’incertitude croissant chez les chefs d’entreprise. Dans ce cadre, la Banque centrale privilégie une approche prudente afin de préserver les équilibres macroéconomiques, contenir durablement l’inflation et créer les conditions d’une croissance plus stable et soutenable.

