Depuis le 4 mai 2026, Yaoundé, la capitale du Cameroun, a accueilli une rencontre stratégique majeure du Commonwealth consacrée à la lutte contre la corruption en Afrique. Au moins 25 pays débattent de solutions concrètes pour freiner un fléau coûteux pour les économies africaines. Cette conférence a réuni plus de 200 participants, responsables publics, experts et acteurs de la société civile issus des États membres du Commonwealth.
La rencontre était placée sous la présidence de la ministre déléguée à la Présidence, Rose Mbah Acha. Elle représentait le chef de l’État camerounais, Paul Biya, à l’ouverture des travaux. Dont le thème central portait sur « l’usage de l’intelligence artificielle dans la prévention et la répression de la corruption ». Au cours des travaux, les experts ont souligné son potentiel pour améliorer la transparence, la traçabilité des flux financiers et la gouvernance publique.
Selon les participants, « la corruption demeure un frein majeur à l’investissement et à la croissance inclusive ». Elle affaiblit les institutions, réduit la confiance des citoyens et renchérit le coût du financement des économies africaines.
Cette conférence s’inscrit dans la dynamique portée par l’Association des agences anticorruption du Commonwealth en Afrique. Elle accompagne le programme de la Commission nationale anti-corruption visant à renforcer la transparence de l’action publique.
Les échanges ont permis de partager des expériences nationales, mais aussi d’identifier des outils communs. Les États sont invités à élaborer des feuilles de route opérationnelles, intégrant innovation technologique et participation citoyenne.
Au Cameroun, les pouvoirs publics ont rappelé les réformes engagées. Plusieurs institutions de contrôle existent, dont l’Agence nationale d’investigations financières (ANIF) et la Chambre des comptes. Ce, au-delà de la Commission nationale anti-corruption (CONAC) et le ministère délégué à la présidence de la République en charge du Contrôle supérieur de l’Etat (Consupe)
Pour les experts présents à ces assises de Yaoundé, « la corruption des finances publiques constitue une véritable gangrène économique ». Elle détourne des ressources essentielles aux infrastructures, à la santé et à l’éducation.
Les recommandations finales appellent à une coopération renforcée entre pays africains du Commonwealth. Elles insistent sur le partage de données, la formation des agents et l’harmonisation des cadres juridiques.
Pour rappel, le comité d’organisation, installé début avril 2026, a mobilisé plusieurs ministères stratégiques. Cette coordination a donné à l’événement une visibilité internationale et un poids institutionnel accru.
En se positionnant comme épicentre de cette initiative, Yaoundé renforce son image sur la scène régionale. La lutte anticorruption apparaît plus que jamais comme un levier de crédibilité économique et d’attractivité financière pour l’Afrique.

