La banque centrale ougandaise a mis en garde contre des risques économiques majeurs liés à un projet de loi visant à restreindre les financements étrangers, estimant que la mesure pourrait affaiblir les réserves de change, déstabiliser la monnaie et raviver les pressions inflationnistes.
Le texte, baptisé « Protection de la souveraineté 2026 », prévoit un encadrement strict des flux financiers en provenance de l’étranger, notamment via l’enregistrement obligatoire des bénéficiaires comme « agents étrangers » et des seuils nécessitant une autorisation gouvernementale.
Face aux parlementaires, Michael Atingi-Ego a averti que ces restrictions pourraient freiner les entrées de capitaux, investissements, transferts de la diaspora et aide extérieure, essentielles à la stabilité macroéconomique. « Toute perturbation de ces flux pourrait entraîner une érosion des réserves et constituer un choc économique », a-t-il déclaré.
Selon la banque centrale, ces entrées de devises ont permis à l’Ouganda de porter ses réserves à près de 6 milliards de dollars, tout en maintenant une inflation autour de 3 %. Une baisse de ces flux pourrait exercer une pression à la baisse sur le shilling ougandais et inverser cette dynamique.
Une dépréciation de la monnaie contraindrait les autorités à durcir la politique monétaire, au risque de freiner la croissance, ou à tolérer une inflation supérieure à l’objectif de 5 %.
Le projet de loi suscite une opposition croissante au-delà des autorités monétaires. La Banque mondiale a averti qu’il pourrait perturber ses opérations dans le pays. Le gouvernement, de son côté, défend le texte comme un instrument de protection contre les influences extérieures.

