Au Kenya comme au Rwanda, les autorités monétaires ont franchi une nouvelle étape dans l’intégration des paiements régionaux. La Banque centrale du Kenya (CBK) et la Banque nationale du Rwanda (NBR) ont signé, le 11 mars 2026, un protocole d’accord (MoU) visant à mettre en place un cadre de « passeport de licence » destiné aux prestataires de services de paiement (PSP). Ce protocole pose les bases d’un mécanisme de reconnaissance mutuelle des licences délivrées aux PSP dans les deux juridictions.
L’objectif est de permettre aux entreprises de paiement d’opérer plus facilement dans les deux pays, en réduisant les procédures administratives redondantes et en simplifiant les démarches d’autorisation.
En favorisant l’équivalence des régimes d’agrément, ce dispositif devrait faciliter l’expansion responsable des PSP déjà agréés au Kenya ou au Rwanda. Les deux régulateurs entendent toutefois maintenir un niveau élevé de surveillance prudentielle et renforcer la coopération en matière de supervision, afin de garantir la stabilité et la sécurité des systèmes de paiement.
Cette initiative s’inscrit dans la mise en œuvre du plan directeur des paiements transfrontaliers de la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE), qui vise à bâtir un écosystème régional de paiements plus intégré, plus efficace et plus inclusif.
L’un des objectifs clés de ce plan est l’élaboration d’un cadre régional de reconnaissance mutuelle des licences pour les prestataires de services de paiement au sein des États partenaires. Une mesure destinée à réduire la fragmentation réglementaire, qui a longtemps freiné l’expansion des services de paiement au-delà des frontières nationales.
Pour concrétiser cette initiative, les deux banques centrales ont annoncé la mise en place de comités techniques conjoints, chargés de définir les modalités opérationnelles du futur cadre de « passeport de licence ». Ce mécanisme pourrait, à terme, favoriser l’essor des paiements numériques et du commerce transfrontalier entre les deux économies.
Avantages
Le principe est simple : si un prestataire de services de paiement (PSP) est déjà agréé dans un pays, le cadre de « passeport de licence » doit lui éviter de repasser un processus complet et duplicatif pour opérer dans l’autre, tout en conservant une surveillance robuste et une coopération accrue entre superviseurs.
En pratique, une fintech kényane déjà conforme peut envisager d’ouvrir plus vite ses services au Rwanda (ou l’inverse), sans repartir de zéro sur un agrément complet, ce qui réduit le délai “licence – lancement” et libère du budget pour l’intégration technique, le service client et la lutte anti-fraude.

