Selon le ministère de la Communication et des Médias, le gouvernement de la République Démocratique du Congo a proposé Juliana Amato Lumumba pour briguer le poste de Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Cette proposition, présentée comme une décision stratégique, s’aligne sur l’ambition de Kinshasa d’assumer une plus grande responsabilité dans la revitalisation de l’espace francophone.
Par Rodrigue Fenelon Massala
Juliana Amato Lumumba, la fille du héros national Patrice Lumumba, ancienne ministre de la culture, titulaire d’un DEA en Sciences politiques et sociologie de la Défense obtenu à l’EHESS de Paris, experte en gouvernance, diplomatie culturelle et intégration économique africaine, voit son nom renforcé par un parcours jugé pertinent par les autorités pour mettre en valeur ses compétences et son expérience dans la conduite du projet congolais au sein de l’OIF.
Elle affrontera dans cette compétition deux autres femmes : la SG sortante candidat du Rwanda et une autre dame candidate proposée par la Mauritanie
De ce qui précède, il sied de souligner que la direction de l’OIF est un poste stratégique international, représentant non seulement la diplomatie francophone mais aussi la capacité d’influencer la politique multilatérale francophone, la promotion de la langue française, la coopération économique, culturelle et le développement. Le secrétaire général est élu lors du prochain Sommet de la Francophonie, prévu en novembre 2026 à Phnom Penh (Cambodge).
Ce rôle, bien qu’institutionnel, porte une forte dimension géopolitique lorsqu’il y a plusieurs candidatures concurrentes, surtout venant de pays africains majeurs. Le choix de Lumumba porte un fort symbolisme historique, étant la fille de Patrice Lumumba, symbole emblématique de l’indépendance africaine (patrimoine politique très fort dans l’espace francophone).
La candidature est présentée par Kinshasa comme un moyen de renforcer le rôle de l’Afrique et de la RDC dans la Francophonie, en capitalisant sur sa démographie (l’un des plus grands États francophones) et sa diversité linguistique
Enjeux géopolitiques
La RDC entre dans la course pour constituer un contrepoids à la continuation d’un troisième mandat de Mushikiwabo, ce qui remet en question la continuité institutionnelle et ouvre un débat sur la rotation des régions et des visions politiques.
Ce positionnement est aussi interprété comme une affirmation diplomatique au moment où Kinshasa cherche à renforcer son poids international face à la rivalité régionale avec Kigali (liée notamment à la situation de l’Est du Congo).
Implications géopolitiques
Le Rwanda entend profiter du bilan institutionnel de Mushikiwabo pour sécuriser un nouveau mandat et maintenir une influence diplomatique forte au sein du bloc francophone. Sa candidature s’inscrit aussi dans une logique de continuité dans les réseaux diplomatiques et de coopération tissés depuis plusieurs années au niveau de l’OIF, malgré des critiques portant sur certains aspects politiques ou culturels du Rwanda.
Candidature mauritanienne
La Mauritanie a présenté Dr Coumba Bâ comme candidate au secrétariat général de l’OIF. Celle-ci est proche de la présidence mauritanienne et représente une troisième option distincte dans cette course multilatérale.
La candidature de Nouakchott est intéressante car elle met en lumière un questionnement identitaire et linguistique : la Mauritanie, bien qu’État membre de l’OIF, affirme une politique linguistique nationale fortement axée sur l’arabe, ce qui peut soulever des débats sur l’alignement entre adhésion institutionnelle et politique culturelle et identitaire. Sa participation pourrait jouer un rôle d’arbitre ou de pivot dans les dynamiques de vote, surtout si aucun candidat n’obtient rapidement une majorité claire.
Par ailleurs il sied de noter dans cette compétition, les voix africaines constituent une majorité importante au sein des 88 États membres de l’OIF, ce qui signifie que les stratégies d’alliance continentales et régionales seront cruciales.
Rôle des partenaires externes
La France et d’autres États européens membres se la Francophonie à l’instar du Canada ont rappelé leur ouverture à toutes candidatures, soulignant le caractère individuel plutôt qu’uniquement étatique de la fonction, ce qui implique que la diplomatie bilatérale jouera un rôle important dans les mois à venir.


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