Selon la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC), en 2024, les 384 établissements de microfinance (EMF) exerçant au Cameroun ont octroyé 659,4 milliards de FCFA (près d’1,2 milliard USD) de crédits aux agents économiques. Le gendarme financier de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) indique que cet encours est en augmentation d’environ 41 milliards de FCFA (près de 74 millions USD) en glissement annuel. Il représente 57,6% des parts du marché du crédit de la microfinance dans la zone CEMAC.
Dans le détail, la COBAC révèle que « les crédits distribués par les EMF camerounaises au cours de la période sous revue sont trois fois supérieurs à ceux des EMF du Congo et six fois supérieurs aux concours financiers des EMF du Gabon ». Et pour cause, 73,7% des 521 EMF agréés dans la zone CEMAC en 2024, soit 384, exercent au Cameroun.
Le nombre élevé des EMF au Cameroun traduit l’évolution de la microfinance dans ce pays considéré comme la première économie de la sous-région. En effet, selon des données officielles, le Cameroun cumule à lui seul environ 40% du tissu industriel de la zone CEMAC. Bien plus, ce tissu industriel est plus diversifié que dans les autres pays (Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale et Tchad) de la sous-région. Cette diversification élargit alors la base de clientèle des EMF ou des banques commerciales. Pour autant, cette dynamique cache certaines défaillances. En effet, au Cameroun, l’on enregistre depuis quelques années des liquidations et placements sous administration provisoire. Ce qui soulève des inquiétudes au sein de la clientèle au sujet de la sécurité des dépôts et la continuité du service de crédit. Cette situation est la conséquence d’une supervision régulière et plus drastique impulsée par la réforme conduite par la COBAC en 2015 a élargi le contrôle au-delà des ratios prudentiels. Avec notamment de nouvelles exigences plus strictes en matière de contrôle opérationnel, conformité, gestion des risques et audit interne. Les sanctions contre les EMF indélicats fait également suite à l’intensification, dès 2021, des contrôles de la COBAC.

