Assurance: en Algérie, la CNMA au petit trot

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Chérif Benhabiles, directeur général de la CNMA.

A la fin de l’année 2016, le chiffre d’affaires de la Caisse Nationale de Mutualité Agricole (CNMA)  avoisine les 13 milliards de dinars algériens (120 millions  de dollars)  en  hausse de 2%, a indiqué son directeur général, Chérif Benhabiles, selon un bilan présenté lors de l’assemblée générale du conseil d’administration.

Le directeur général de la CNMA a admis que cette croissance  est loin des prévisions de la compagnie qui tablait sur 8%. Mais  cette légère hausse reste « appréciable » par rapport au marché national des assurances qui s’est accru de 0,8% seulement en 2016, en raison de la crise économique et financière que vit le pays. Selon toujours le responsable de la CNMA, les chiffres des sinistres déclarés ont aussi légèrement évolué en passant de 7,240 mds DA en 2015 à 7,383 mds DA en 2016, soit une hausse de 1%.  Les indemnisations, quant à elles, ont atteint 6,803 mds DA en 2016 contre 6,719 mds en 2015, en hausse de 1,25%.

Le bilan fait également état d’une évolution de 31% sur un an de la marge d’assurance nette en 2016 (1,25 milliard DA). Pour les dossiers de sinistres cumulés pendant plusieurs années, laquelle s’est soldée par un remboursement de plus de 19 mds DA durant les trois dernières années.

 

A noter que le  taux de pénétration des assurances dans le secteur agricole demeure faible puisque 21% seulement des agriculteurs sont assurés. Ce manque d’engouement est dû, selon les assureurs à l’« absence de la culture d’assurance » chez les producteurs, alors que ces derniers trouvent que les produits des compagnies d’assurance ne répondent pas à leurs attentes.

Bien que ce taux de pénétration ait connu une progression ces trois dernières années, il reste encore « très loin des objectifs qu’on s’était fixés », a encore estimé Benhabiles. « Il faut continuer à faire un travail de proximité, d’accompagnement et de communication.  L’assurance ne doit pas être conçue comme un acte administratif. Il est temps de lui donner toute sa considération comme étant un acte économique qui vient d’abord préserver les acquis et sécuriser les revenus des agriculteurs ensuite », a-t-il ajouté.

Intervenant lors de cette rencontre, le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Abdelkader Bouazghi, a appelé les responsables de la CNMA à « redoubler d’efforts » et à intensifier la sensibilisation et la vulgarisation autour de l’assurance agricole afin de répondre aux besoins du secteur.

Par ailleurs, Bouazghi a soutenu que le secteur avait réalisé des « avancées considérables » depuis 2000 grâce aux moyens financiers et techniques qu’a offert l’Etat aux différents activités agricoles, mais « beaucoup reste à faire notamment en matière de conditionnement, de valorisation de la production agricole et de la commercialisation ». La valeur de la production agricole est passée de 500 mds DA en 2000 à plus de 3000 mds DA actuellement, alors que le pays est devenu autosuffisant à 80% pour certains produits notamment les maraichers, d’après les chiffres avancés par le ministre.

Pour sa part,  le secrétaire général de l’Union nationale des paysans algériens (UNPA), Mohamed Alioui, a recommandé à la CNMA de développer des produits d’assurances destinés à couvrir les pertes des rendements agricoles. Néanmoins, « notre objectif est de sortir complètement de la dépendance du marché extérieur pour certains produits comme le lait et de faire de l’agriculture le secteur de substitution aux revenus pétroliers », a-t-il ajouté.

 

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