Editorial: la fin du monde arabe

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Ainsi, le “vilain petit Qatar”  est isolé du reste du monde depuis 72 heures.  Le petit émirat de 700 000 âmes est en état de blocus. Pour cause, la puissante Arabie Saoudite a fermé la seule seule voie terrestre reliant Doha au reste du monde.  D’autres pays membres du Conseil de coopération du Golfe (Emirats-Arabes Unis et Bahrein) ou du monde sunnite (Egypte) ont emboité le pas à Riyad, rompant les relations diplomatiques et suspendant les liaisons aériennes et  commerciales avec un pays accusé de soutenir le terrorisme.

Du jour au lendemain, l’émirat gazier est désigné responsable de tous les maux qui gangrènent le monde arabe depuis Lawrence d’Arabie. La puissance de la diplomatie saoudienne soutenue à bout de bras par le président américain Donald Trump n’a pas tardé d’entrainer nombre de pays africains dans le conflit. La  Mauritanie, le Sénégal et le Gabon ont pris des mesures de rétorsion à effet immédiat.

 

 

 

Comme lors de la coalition sunnite contre le Yemen, un rapport de force destructeur est entrain de se mettre en place.  Au delà de l’écume de l’actualité, l’on assiste à une implacable jonction des agendas  des pétromonarchies du Golfe et des néoconservateurs américains. Ce qui relevait de l’improbable s’impose à tous les analystes. La carte du Grand Moyen-Orient se déploie à grande vitesse. Après l’Irak, la Libye et la Syrie, ce sera sans doute au tour de la République islamique d’Iran de payer le prix fort.

La nation perse, abonnée au renouvellement démocratique de ses institutions depuis la révolution de 1979 est, curieusement, la seule indexée à répétition par les USA comme étant non démocratique.  Quant au Qatar, il paye le prix de  son ouverture, la liberté de ton de son média planétaire , Al Jazeera et son alliance avec l’Iran et la Turquie. Pendant que les uns et les autres se déchirent, la cause palestinienne, elle, est reléguée aux oubliettes. Preuve que l’on a atteint un point de non retour, le procureur général des Émirats arabes unis  souligne que ceux qui s’expriment notamment sur les réseaux sociaux pour «faire montre de sympathie envers le Qatar ou critiquer les Émirats et les autres États ayant adopté des mesures fermes contre le gouvernement qatari, encourent entre 3 et 15 ans de prison et une amende d’au moins 500.000 dirhams (120.800 euros)». Le sage Houpheit Boigny (vidéo) avait bien raison.

 

 

 

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