Réuni en session ordinaire, le Comité de politique monétaire de la BCEAO a décidé de maintenir son principal taux directeur à 3 %, privilégiant la stabilité monétaire malgré les tensions géopolitiques internationales et la flambée des cours de l’énergie.
Cette décision intervient dans un contexte marqué par une hausse de près de 90 % des prix des hydrocarbures depuis le déclenchement du conflit au Moyen-Orient, une évolution susceptible d’alimenter des tensions inflationnistes dans les économies importatrices de produits pétroliers, dont celles de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).
Le gouverneur de la BCEAO, Jean-Claude Kassi Brou, s’est toutefois montré rassurant quant aux perspectives de stabilité des prix dans l’Union. Selon les projections de l’institution, l’inflation devrait s’établir à 1,6 % à la fin de l’année, un niveau largement conforme à l’objectif de la banque centrale qui vise une inflation comprise dans une fourchette compatible avec la stabilité des prix.
Cette résilience s’explique notamment par la bonne tenue de la production agricole, l’amélioration progressive des chaînes d’approvisionnement et les mesures publiques de soutien aux prix dans plusieurs États membres. Ces facteurs devraient contribuer à amortir l’impact du renchérissement des produits énergétiques sur le coût de la vie.
Sur le front de l’activité économique, la BCEAO conserve une vision optimiste. La croissance de l’Union est désormais attendue autour de 6 % cette année, portée par le dynamisme des investissements publics et privés, la progression des secteurs extractifs ainsi que la vigueur de la consommation intérieure.
En maintenant ses taux inchangés, la banque centrale envoie ainsi un signal de confiance dans la solidité des fondamentaux économiques de l’UEMOA. Un choix qui traduit également sa volonté de ne pas freiner le financement de l’économie au moment où la région cherche à consolider son rythme de croissance tout en gardant l’inflation sous contrôle.

