Le marché de l’emploi en Afrique devrait connaître un bouleversement au cours des prochaines années. A l’initiative du Conseil français des investisseurs en Afrique (CIAN), l’association RH-Excellence Afrique, à travers son programme du même nom, va développer une autre approche de la formation professionnelle sur un continent marqué par un paradoxe ; avec d’un côté les entreprises qui désespèrent trop souvent de trouver localement des profils avec des qualifications adéquates, et de l’autre la « masse » des diplômés réduits au chômage faute d’employabilité.

Piloté et géré par le CIAN, une organisation patronale qui représente 80% de l’activité économique française sur le continent (7 000 établissements et 60 milliards d’euros de revenus) avec l’appui du Medef International et de la Fondation AfricaFrance, le RH-Excellence Afrique (REA) est un programme destiné à résorber la lancinante question de l’inadéquation formation-emploi qui plombe le fonctionnement des entreprises sur le continent. En l’occurrence, il vise à « accompagner le renforcement des compétences en Afrique par la promotion active d’une offre de formation professionnelle d’excellence, répondant aux besoins des entreprises ».

« Nous voulons former sur place de bons professionnels » a souligné Etienne Giros, président délégué du CIAN. Un défi crucial pour le continent, qui va accueillir en moyenne annuellement 30 millions de jeunes sur le marché du travail les quinze prochaines années selon la Banque africaine de développement (BAD).

Certification et Labellisation

Le RH-Excellence Afrique se présente comme un processus participatif, un partenariat impliquant les entreprises privées et des centres de formations professionnelles existants (public et privé), dans un dialogue permanent pour l’élaboration et l’adaptation des contenus et méthodes de formation en lien direct avec les besoins de qualifications exprimés des employeurs, dans la fourchette Bac-3 et Bac+3.

Les instituts de formation affiliés, auront pour vocation à être des centres d’excellence de référence et feront de ce fait l’objet d’une démarche de certifications filière-métier et de labellisations forgeant ainsi leurs réputations et créant de la sorte, un effet vertueux à long terme dans les pays visés. En outre, ces structures bénéficieront de l’appui technique du CIAN pour rechercher des financements auprès des bailleurs de fonds afin de d’améliorer continuellement leurs pratiques de formation.

L’association, qui ambitionne de rassembler l’ensemble du monde de l’entreprise en Afrique (à la fois les entreprises étrangères et locales) « autour d’une vision commune de formation d’excellence » selon les termes de Samba Mbengue, son directeur, compte ainsi impacter leur compétitivité avec la valorisation du capital humain local dans une perspective d’utilité publique et de développement du continent.

Initié en octobre 2014 dans neuf pays d’Afrique francophone (Burkina Faso, Cameroun, Congo, Côte d’Ivoire, Gabon, RDC, Sénégal, Togo, Tchad), le programme REA enregistre pour l’heure une vingtaine de centres de formations adhérents (public et privé), de l’enseignement secondaire au supérieur, et une trentaine d’entreprises. Et les premiers certificats filière-métier seront délivrés avant la fin de l’année et les premiers labels au premier semestre 2016 « vu que avons déjà des établissements de très bon niveau » assure Alix Camus, directrice du CIAN.

Abidjan, abrite le siège de l’association qui dispose dans chaque pays d’un point focal associant l’ensemble des acteurs du programme, et envisage par ailleurs de s’ouvrir aux autres ères linguistiques du continent.

 

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