Le directeur général d’ATIDI, Manuel Moses, a profité de la 26e Assemblée générale de l’institution, organisée à Nairobi, pour ouvrir un nouveau chapitre de son histoire. Au-delà du bilan des vingt-cinq premières années, il a présenté les contours d’ATIDI 2.0, une stratégie destinée à faire de l’agence un acteur central de la nouvelle architecture financière africaine.
Son message est clair : les solutions africaines sont désormais suffisamment matures pour répondre aux besoins de financement du continent. Fondée en 2001 par sept États membres, ATIDI rassemble aujourd’hui 24 États membres et 14 actionnaires institutionnels, avec l’arrivée cette année de la banque publique allemande KfW Development Bank, symbole selon lui de la confiance grandissante des investisseurs internationaux dans l’institution.
Pour étayer cette ambition, Manuel Moses a mis en avant les performances financières de 2025. Dans un contexte international encore marqué par les incertitudes, l’exposition totale d’ATIDI a atteint 9,2 milliards de dollars, contre 8,9 milliards un an plus tôt. Le bénéfice net a progressé de 20 % à 71,4 millions de dollars, les actifs ont franchi le seuil de 1,06 milliard de dollars (+20 %) tandis que les fonds propres se sont établis à 883 millions de dollars, en hausse de 12 %. Des résultats qui, selon lui, confortent la capacité de l’agence à accompagner davantage de projets structurants sur le continent.
Le directeur général a également insisté sur l’élargissement constant de la palette d’interventions d’ATIDI. Au-delà des garanties contre les risques politiques et de crédit, l’institution soutient désormais la transition énergétique, le commerce intra-africain, le financement des PME et développe de nouveaux instruments, notamment dans la finance islamique. Il a notamment cité le Regional Liquidity Support Facility (RLSF) pour les projets d’énergies renouvelables, la couverture du parc éolien du lac Turkana, le Regional Customs Transit Guarantee Scheme destiné à fluidifier le commerce régional, ainsi que le mécanisme PoRSA pour renforcer le financement des petites et moyennes entreprises.
Pour Manuel Moses, cette évolution explique la reconnaissance internationale dont bénéficie désormais ATIDI. L’institution a été citée par le président kényan William Ruto, soutenue par le président français, le chancelier allemand et le président de la Banque africaine de développement, Sidi Ould Tah. Surtout, le communiqué final du G7 a appelé au renforcement d’ATIDI comme mécanisme de partage des risques capable de mobiliser davantage de capitaux privés en Afrique. Une reconnaissance qui, selon lui, s’accompagne d’une responsabilité accrue pour répondre aux besoins d’investissement du continent.
Cette ambition passe désormais par un changement d’échelle financière. Manuel Moses a rappelé qu’ATIDI est engagée dans une augmentation substantielle de son capital, avec pour objectif de porter ses fonds propres à 2 milliards de dollars, contre 883 millions actuellement. Plusieurs actionnaires ont déjà annoncé leur contribution à cet effort. Le Kenyaaugmentera sa participation de 25 à 65 millions de dollars. La Banque africaine de développement a confirmé un investissement de 125 millions de dollars. La Côte d’Ivoire s’est engagée à apporter 50 millions de dollars, tandis que KfW Development Bank a rejoint le capital de l’institution avec une souscription de 32 millions de dollars. Pour le directeur général, ces engagements témoignent de la confiance accordée à ATIDI et lui donneront les moyens d’accompagner davantage de projets structurants dans le cadre de la transformation économique du continent.
« The best is still to come », a conclu Manuel Moses, en affirmant que le prochain quart de siècle d’ATIDI sera celui d’une institution plus puissante, mieux capitalisée et appelée à jouer un rôle déterminant dans le financement du développement africain.

