Au Cameroun, le déficit de la balance commerciale a atteint 2.145,2 milliards de FCFA en 2025 (environ 3,8 milliards USD), contre 1.747,3 milliards de FCFA (3,1 milliards USD) en 2024. Soit une hausse de 22,8% en glissement annuel. L’information est révélée par la Caisse autonome d’amortissement (CAA) dans sa récente note de conjoncture mensuelle de la dette publique du Cameroun au 31 mars 2026, rendue publique le 15 mai 2026.
Selon l’organe en charge de la gestion de la dette publique du Cameroun, « Cette contreperformance s’explique par un recul de 5,2% des exportations, représentant une baisse en valeur absolue de 168,1 milliards de FCFA (environ 300 millions USD) ». Dans un environnement mondial plus volatil, soutient la CAA, « cette baisse des exportations est combinée à une augmentation des importations de 229,8 milliards de FCFA (près de 411 millions USD), représentant une hausse de 4,6% par rapport à 2024 ». En conséquence, en 2025, les recettes d’exportation du Cameroun ne couvrent que 59% des dépenses d’importation.
Cette évolution renforce la pression sur les réserves de change des pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), déjà mises à l’épreuve par des chocs exogènes répétés. Elle accroît aussi la dépendance du pays aux financements extérieurs.
A y regarder de plus près, observe la CAA, « les exportations ont pâti de volumes plus faibles dans l’agriculture et la forêt ». En effet, l’on constate que la faible transformation locale limite la valeur ajoutée captée sur les produits miniers et agricoles.
À l’inverse, les importations sont restées dynamiques. Elles sont tirées par les biens d’équipement, les produits énergétiques raffinés et les denrées alimentaires.
A l’analyse, ces chiffres traduisent un déficit de compétitivité structurel. La diversification de l’offre exportable demeure insuffisante malgré un potentiel reconnu. Les autorités misent sur l’industrialisation et la substitution aux importations. Les zones économiques spéciales figurent au cœur de cette stratégie.
Cependant, les résultats tardent à se matérialiser. Les contraintes logistiques, énergétiques et réglementaires freinent l’investissement productif.
À court terme, la hausse du déficit pourrait peser sur la croissance. Elle complique aussi la gestion macroéconomique et budgétaire.
À moyen terme, l’enjeu est stratégique pour l’économie camerounaise. Il s’agit de rééquilibrer durablement la balance commerciale et de renforcer la résilience externe. Sans accélération des réformes, le risque d’une vulnérabilité accrue persistera.

