Depuis 2020, le Gabon importe un volume de plus de 95.000 tonnes de riz chaque année. Ce qui correspond à des dépenses annuelles estimées à 41 milliards de FCFA (environ 73 millions USD). L’information est révélée par le ministère gabonais de l’Agriculture. Selon ces statistiques officielles, en 2019, l’Etat ne dépensait que 8 milliards de FCFA (environ 14,3 millions USD).
Face à cette explosion de la demande, le gouvernement cherche à inverser la tendance. Le pays vient de lancer à Kougouleu, localité de l’Ouest du Gabon, la deuxième phase d’une formation intensive à la riziculture. Ce projet cible 50 jeunes issus d’associations, de coopératives et du secteur privé.
Sous l’égide du Programme National de Sélection d’Amélioration Variétale (PNSDV-PS), des variétés de riz spécifiquement adaptées au sol gabonais ont été développées et homologuées par le ministère de l’Agriculture. Cette initiative vise à réduire la forte dépendance du Gabon aux importations de riz, qui couvrent encore plus de 95% de la consommation nationale, estimée à environ 100.000 tonnes en 2023, avec pour objectif une réduction de 50% d’ici 2030. Elle va instaurer une véritable souveraineté alimentaire en s’appuyant sur l’expertise locale et la recherche scientifique.
À l’échelle continentale, l’Afrique importe encore 40% de ses besoins en riz. Le succès de ce modèle gabonais pourrait donc servir d’exemple pour répondre à une demande croissante tout en réduisant la dépendance extérieure.
Pour rappel, selon le Fonds international de développement agricole (FIDA/IFAD), l’agriculture contribue faiblement au Produit intérieur brut (PIB) du Gabon, représentant environ 5% de la richesse nationale, bien qu’elle emploie près de 40% de la population rurale. Selon cette agence spécialisée des Nations Unies qui lutte contre la pauvreté et la faim en zone, malgré un fort potentiel, ce secteur reste sous-développé face à la domination du pétrole, couvrant moins de 40% des besoins alimentaires du pays.

