Les réserves de change des pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) ont récemment connu une baisse sans incidence sur sa stabilité extérieure. C’est l’une des informations contenues dans un rapport du ministère camerounais des Finances (Minfi) consacré aux retombées économiques du conflit Iran–Israël–États-Unis. Dans ce document rendu public le 20 avril 2026, le Minfi relève qu’« au 31 octobre 2025, ces réserves atteignaient 6.203 milliards de FCFA (environ 11,12 milliards USD). En net recul de 146 milliards de FCFA (environ 262 millions USD) en glissement annuel et de 1.133 milliards de FCFA (environ 2,03 milliards USD) par rapport à décembre 2024 ».
Les auteurs du rapport du Minfi indiquent que « cette baisse résulte principalement de transferts nets négatifs cumulés de 1.300 milliards de FCFA (environ 2,33 milliards USD) ». Cette chute s’inscrit dans un contexte de déficits commerciaux persistants, de règlements accrus de la dette extérieure et de la baisse passée des cours pétroliers.
Pour 2026, le ministère anticipe une « pression supplémentaire ». En effet, il annonce des difficultés de plusieurs pays de la sous-région face à d’importantes échéances de dette extérieure, susceptibles d’entraîner des sorties massives de devises et de peser sur la liquidité régionale.
Dans ce contexte contraint, l’évolution des prix des hydrocarbures apparaît comme un facteur d’atténuation potentiel. La hausse des cours internationaux liée aux tensions géopolitiques pourrait soutenir les recettes d’exportation.
Ces arguments se fondent sur le fait que « la CEMAC reste un exportateur net de pétrole et de gaz ». Les hydrocarbures y demeurent la première source de devises. Ce qui pourrait partiellement compenser les sorties liées au service de la dette.
Mais cet espoir reste fragile. Le rapport souligne « le risque de perturbations logistiques ». Les tensions sur le transport maritime et les assurances pourraient affecter les volumes exportés et renchérir les échanges.
Risque inflationniste
Au-delà des réserves, le ministère alerte sur « un risque inflationniste ». Il rappelle que « la hausse des prix du pétrole brut, combinée aux coûts de transport et d’assurance, pourrait entraîner une augmentation des prix des carburants ». Ce, parce que les pays de la CEMAC dépendent fortement des importations de produits pétroliers raffinés. Une hausse des carburants se répercuterait alors rapidement sur les prix intérieurs et les coûts de production.
Cette menace intervient alors que l’inflation a nettement reculé. Après 5,6% en 2022 et 2023, puis 4,1% en 2024, elle est tombée à 2,2% en 2025, avec l’appui de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC). Pour 2026, l’inflation est projetée à 2,7%. Toutefois, une flambée des carburants pourrait freiner la dynamique désinflationniste et se diffuser à l’ensemble de l’économie.

